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Morning, la néo banque collaborative

Il y a quelques temps, on vous avait parlé de Payname, une start-up Toulousaine. Et nous vous avions décrit son fonctionnement et ses objectifs. On ne peut pas dire que le nom de Payname était très connu. A la limite, son rapprochement phonétique avec celui de Paypal pouvait nous donner une meilleure idée de ce qu’était Payname. Payname, c’est une start-up Toulousaine. Et comme elle travaille dans le monde financier, on appelle ça une FinTech. Montée en 2014, la FinTech se bat depuis pour lever des fonds (chose à laquelle elle est parvenue récemment) afin de propager sa philosophie bancaire ; une plateforme entièrement pilotable par les usagers et basée sur la coopération. Et bien sachez que Payname, à partir de septembre 2016, s’appellera Morning.

Et à force de progrès et de nouveautés sur le site de paiement et de cagnottes, les agréments ont fini par être délivrés. Morning est donc autorisée à commercialiser des produits bancaires, mais encore une fois, avec l’intention ferme de le faire autrement, en responsabilisant chaque utilisateur, en le remettant réellement au centre de l’expérience bancaire, en étant complètement transparent, à l’instar de la Nef Banque par exemple.

Changer le monde…

Sauf qu’à la différence de la Nef Banque, Morning attaque directement le secteur des néo banques, et avec son éthique particulière, elle se trouvera en concurrence avec Orange Banque et Number26. En fait, Morning se présente un peu face aux néo banpaynameques comme le pendant numérique de la Nef Banque face aux banques de réseau.

Néanmoins, si les ambitions de la Nef Banque restent limitées en terme de volume de clientèle et de chiffre d’affaire, celles d’Eric Charpentier, fondateur de Morning, sont bien plus grandes. Il souhaite s’imposer sur le marché Français avant de conquérir l’Europe. Et ça pourrait fonctionner. Parce que la particularité de Morning, c’est qu’elle n’est adossée à personne. Il ne s’agit pas là d’un simple outil FinTech développé dans le seul but de se faire racheter par un gros opérateur. Non. Eric Charpentier le précise, être dépendant d’une structure n’a aucun sens lorsque l’on veut changer le monde…

Et c’est bien le but recherché. Changer le monde. Pour commencer, Eric Charpentier et ses collaborateurs ont investis des bureux tous neufs, à 35 km de Toulouse, en pleine campagne. Un hall de 600 m² avec tout le confort indispensable aux créateurs de la néo banque Française, dans un village de 750 âmes. Et ce qu’il veut, Eric Charpentier, c’est que les structures de son entreprise puissent servir aux gens du village, à commencer par les équipements sportifs. Question de partage.

…Et changer de modèle.

Avec déjà près de 60 000 utilisateurs au compteur, Morning est encore bien loin des standards nécessaires à son équilibre financier, équilibre qui devrait être atteint en 2019. Mais plus que son nom, sensé évoquer le réveil des banques, en phase avec les progrès technologiques, c’est bien le modèle qui évolue. Du paiement peer-to-peer, Morning passe à l’édition d’un compte bancaire. En quelques sortes, les clients auront une carte bleue, associée à un IBAN. Dès lors, tous les virements seront possibles. Ce compte sera un vrai compte bancaire. Et c’est là le grand changement. Car pour le reste, Eric Charpentier conserve sa philosophie ; le client garde la main sur tout. C’est lui qui décide comment se gère son compte.Et, bien entendu, les services à destination des particuliers restent gratuits.

C’est donc en totale indépendance, mais tout de même soutenue par la Dépêche du Midi et l’assureur MAIF (5 millions d’Euros lors de la levée de fonds effectuée en 2015), que la néo banque Morning creuse son sillon. Et elle compte bien conserver ce statut. Nous n’attendons plus que le lancement de l’interface, annoncé pour la rentrée 2016. Et nous verrons alors ce que la seconde levée de fonds aura apporté.