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Morning, la néo banque collaborative

Au départ, Morning s’appelait Payname, et n’était qu’une plateforme collaborative pour déclarer, assurer et payer les services entre particuliers. Une application de type cagnotte qui gagnait à être connue. Mais la réelle ambition d’Eric Charpentier, le boss, est de venir concurrencer les banques en ligne, mais avec une approche différente. En effet, Morning n’est pas à proprement parler une banque. Du moins pas encore. Et elle n’est soutenue par aucune banque d’ailleurs. C’est ce qui fait son charme. Mais c’est aussi ce qui entrave nettement sa progression.

Lorsque Payname est devenue Morning, au débit de l’été 2016, le changement de cap était validé ; Morning devenait un néo banque, une banque en ligne 100 % mobile, à l’instar de Soon ou de N26. Mais voilà, la banque a du faire face à des difficultés en fin d’année 2016. l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) avait pris des mesures conservatoires qui suspendaient l’activité de la toute jeune néo banque. Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre. Eric Charpentier, le président fondateur a quitté le navire sur fond de désaccord avec le nouvel actionnaire majoritaire, la MAIF. Et cette dernière va doucement laisser sa place la banque Edel…

 

Aller vers un nouveau paradigme de la banque, ancré dans l’économie réelle.

 

 

 

 

Changer le monde…

L’objectif de départ du boss était clair ; changer le monde. Rien que ça. Et la banque était bien construite en ce sens. Une application qui redonne le pouvoir aux clients, aux propriétaires des sommes déposées.  Eric Charpentier souhaitait s’imposer sur le marché Français avant de conquérir l’Europe. Et ça aurait pu fonctionner. Parce que la particularité de Morning, c’est qu’elle n’est adossée à personne. Il ne s’agit pas là d’un simple outil FinTech développé dans le seul but de se faire racheter par un gros opérateur. Non. Eric Charpentier le précisait bien ; être dépendant d’une structure n’a aucun sens lorsque l’on veut changer le monde…

On dit “aurait pu” parce que dorénavant, la donne a changé. La MAIF s’éclipse au profit d’Edel Banque et le patron fondateur, l’icône de cette sart-up s’en va également. Son bébé risque en effet de ne plus vraiment ressembler à ce qu’il aurait pu être. Pour information, la Banque Edel est un établissement appartenant pour deux tiers à la Société Coopérative Galec (qui sert de centrale de référencement nationale à l’enseigne E.Leclerc), et pour un tiers au Crédit Coopératif (qui détient lui-même 1% des parts du groupe BPCE).

Les ambitions de la néo-banque seront donc revues. Il est donc fort possible que Leclerc trouve là sa banque en ligne du futur ou bien qu’Edel, qui développe ses propres applications, essaie de mettre ne place une solution de paiement compatible pour les commerçants qui accueillent les très nombreux touristes Chinois chaque année. Plusieurs pistes sont envisagées, mais rien n’est encore clairement défini. Du moins pas tant qu’Edel n’a pas encore pris le contrôle définitif sur la structure.

Une chose est sûre cependant, les 48 employés ne pourront pas tous rester. Et il y a fort à parier que les locaux Pyrénéens  tous neufs de la néo banque soient également vidés. Dommage. Eric Charpentier et ses collaborateurs avaient investis des bureaux tous neufs, à 35 km de Toulouse, en pleine campagne. Un hall de 600 m² avec tout le confort indispensable aux créateurs de la néo banque Française, dans un village de 750 âmes. Et ce qu’il voulait, Eric Charpentier, c’est que les structures de son entreprise puissent servir aux gens du village, à commencer par les équipements sportifs. Question de partage.

…Et changer de modèle.

Mais voilà, il n’y a pas beaucoup de place dans le monde de la banque pour qui n’est pas banquier. Et, si le modèle va bien changer, ce n’est pas le modèle de la société, mais bien celui de Morning. Avec 75 000 clients à ce jour, et le couac du mois de décembre 2016 (tous les clients ont vu leurs avoirs gelés pendant 29 jours !), la néo-banque est de toute façon trop loin des standards nécessaires à son équilibre financier, équilibre qui devait être atteint en 2019.

Toutefois, pour l’instant, le compte bancaire est créé, et le partage y est bien effectif. La courte vidéo éditée par la néo-banque elle-même ci-dessous vous donnera un aperçu du mode de fonctionnement de l’application. Avec une carte bleue Mastercard gratuite à vie et une application basée sur le partage de pair à pair, les transferts de monnaie sont instantanés. Et il devient aussi simple de payer son ami avec son téléphone que de régler un achat par carte chez un commerçant. Tout y est gratuit, sauf les retraits. Morning n’est pas une banque et doit donc louer l’utilisation des DAB. à compter du second retrait mensuel, 90 centimes d’Euro sont doc facturés. Mais c’est bien là le seul coût : https://morning.com/tarifs.

Le site de Morning nous annonce de nouvelles offres, pour venir compléter la gamme de la néo-banque. Mais qu’en sera-t-il vraiment ? Une nouvelle fois, nous attendons donc avec impatience la suite des événements…