BNP Paribas se voit infliger une sanction record de 246 millions de dollars.

246 millions de dollars. Cette somme importante représente le montant de l’amende que BNP Paribas s’est vu infliger ce lundi 17 juillet. La peine, prononcée par la Banque Centrale Américaine, fait suite à des « pratiques douteuses » qui ont été épinglées par l’organisme régulateur de l’économie américaine.

Une sanction suite à des pratiques douteuses

Dans son communiqué, la Réserve Fédérale des Etats-Unis (la FED, organisme qui fait office de banque centrale) fait état de manquements en termes de « supervision et contrôles internes sur des opérateurs en devises qui achètent et vendent des dollars et d’autres devises pour les comptes de la banque ou de ses clients ». Une pratique tout à fait normal en soi.

Le problème se situe en amont de ces transactions : il est apparu que les traders de la BNP Paribas avaient recours à des salons de discussion virtuels pour s’entretenir avec leurs concurrents sur l’état du marché avant de passer à l’achat. Ces actions résultaient, de fait, en une manipulation des cours de devises, et notamment le dollar. Une pratique qui est en totale opposition avec le principe de concurrence pure et parfaite, un modèle économique libéral qui prône entre autres l’égalité parfaite d’accès à l’information.

Ce qui est reproché à BNP Paribas est son incapacité à identifier ce problème, et sa non-intervention à ce sujet. Aucune solution n’a été mise en place par la banque pour limiter ce type de pratiques flirtant avec l’illégalité.

amende BNP Paribas - illustration

Un surplus de bénéfices perçus

En janvier dernier, la FED avait déjà tiré un coup de semonce en radiant des opérations de marché un trader de la BNP Paribas, Jason Katz, accusé d’avoir influencé les cours des devises à son avantage.

Au mois de mai, ce n’est pas la FED mais l’autorité de régulation des marchés financiers de New York qui avait sévèrement épinglé BNP Paribas sur le même sujet : la grande banque avait déjà essuyé une première amende de 350 millions de dollars. La machination permettait en effet aux traders de pousser artificiellement le taux d’une certaine monnaie afin d’en tirer des bénéfices illégitimes, grâce à des ententes préalablement établies sur des canaux de communication en ligne.

amende BNP Paribas - subprimes

La crise de 2007 est encore dans les mémoires

Ce genre de pratiques financières douteuses a été mise sur le devant de la scène à l’occasion de la crise des subprimes de 2007 : le trader, profession jusqu’ici peu connue, est devenu le symbole des maux du XXIe siècle : capitalisme éfrenné, mondialisation hors de contrôle, et monde financier en roue libre.

En une décennie, les banques ont payé cher le prix de leurs excès : au total, ce sont 200 milliards d’euros d’amendes auxquels les établissements bancaires ont été obligés de se plier. Cela représente toute la richesse produite en une année par un pays comme l’Irlande ou la Finlande. Mais ce chiffre, aussi énorme soit-il, n’est qu’une goutte d’eau comparé aux milliards engrangés par des activités financières spéculatives. Le non-encadrement de ces dernières fait encore craindre une crise systémique majeure dans un futur proche, d’après plusieurs ONG et économistes renommés.

Ce rappel à l’ordre pour BNP Paribas ne devrait pas entamer l’enthousiasme de l’entreprise, dont le développement en France est en bonne voie avec le rachat du Compte Nickel. Mais prudence est de mise, notamment du côté des banques en ligne, ces banques nouvelle génération qui ont tout intérêt à ne pas récupérer la réputation sulfureuse de leurs prédécesseurs.

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