Blockchain : vers la fin de l’intermédiation financière ?

Ah, la blockchain … ce mot-concept est en permanence à la bouche tant des grandes entreprises que des startups, qu’elles appartiennent au mouvement FinTech ou non. La complexité de cette notion rend difficile son décryptage et sa vulgarisation auprès du grand public. Pourtant, il pourrait bien s’agir de la prochaine innovation majeure qui va redéfinir notre façon d’envisager la transmission de l’information. Avec leurs exigences sécuritaires toujours plus élevées et leur transformation digitale en cours, les banques – en ligne ou non – sont en première ligne de la révolution « blockchain », et pourraient bien mener le reste de l’économie. Décryptage.

Qu’est-ce que la blockchain ?

D’après la définition donnée par Blockchain France, on parle ici d’une technologie de stockage et de transmission d’informations qui est transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Transparente car l’ensemble des acteurs d’une même blockchain (privée ou publique) peuvent en consulter le contenu, un peu comme un tableur Excel que l’on consulterait à l’envie. Sécurisée, car tout nouveau « bloc » d’informations est validé par le système grâce à des techniques cryptographiques basées sur la réciprocité : un montant en hausse dans un bloc signifie forcément une baisse dans un autre. Il est donc impossible d’ajouter, effacer, falsifier des informations sans qu’elles soient validées par l’ensemble du système. Sans organe central de contrôle car comme le disait le mathématicien Jean-Paul Delahaye, on peut se représenter la blockchain comme un « grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. »

Blockchain illustration

Qu’est-ce qu’elle permet ?

C’est là toute l’immensité de cette technologie : imaginez un monde où tous les échanges se feraient directement entre particuliers, sans besoin d’intermédiaires. Banques, notaires, assureurs, fournisseurs d’eau ou d’électricité, e-commerce, et même … vote électronique ! Prenons plutôt quelques exemples afin d’illustrer tout ceci :

Commerce en ligne

Alors que le marché du commerce en ligne est en plein boom depuis une dizaine d’années, on a l’impression que le marché se concentre autour de quelques géants tels qu’Amazon, Ebay, Le Bon Coin, CDiscount, … cependant, ces sites font payer à leurs utilisateurs des commissions qui varient de 5 à 20% du montant de la vente. La blockchain permet de mettre en relation des acheteurs et des vendeurs via un programme open-source, installable gratuitement sur son ordinateur. Aucune commission n’est prélevée, aucun contrôle n’est imposé au réseau : le libre-échange s’établit dans sa forme la plus pure. L’entreprise à l’origine du programme open-source ne dispose même pas des statistiques détaillées sur les ventes, puisqu’elle ne contrôle pas le système. Ce scénario est déjà une réalité : c’est celui d’OpenBazaar, un marché en ligne fondé en 2014 par Brian Hoffman et qui fonctionne avec des bitcoins. Hoffman a réussi à percer sur le marché hyper concurrentiel de l’e-commerce grâce aux coûts : l’absence de commission rend le service extrêmement compétitif, même face à des géants tels qu’Amazon.

Révolution écologique

Les logements auto-suffisants sont aujourd’hui à la mode : design eco-responsable, isolation, équipements générateurs d’énergie, … les solutions techniques ne manquent pas, si bien que certains foyers se retrouvent à produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Les « smart grids« , ces réseaux qui permettent à votre panneau solaire d’alimenter la maison du voisin, se développent déjà depuis quelques années par le biais des grands groupes énergétiques, EDF en tête. La blockchain permettrait de décentraliser ces smart grids, afin d’organiser des transactions électricité/monnaie sécurisées, instantanées et transparentes au sein d’une communauté de contributeurs. Elle est peut-être la technologie qui permettra à cette idée d’avenir de décoller réellement. Certains prototypes sont déjà en train d’être mis en place depuis le feu vert des autorités françaises en juillet 2016. Le quartier lyonnais de La Confluence, par exemple, permettra bientôt à ses habitants d’échanger leur énergie grâce à un projet de mené par Bouygues et Stratumn.

Assurances intelligentes

Être dédommagé automatiquement en cas de retard d’un avion, d’un train, de maladie, lorsqu’on tombe malade à cause d’un taux de pollution trop élevé. Payer moins cher son assurance automobile si on conduit peu dans le mois, être récompensé pour sa bonne conduite, … certains de ces exemples existent déjà, d’autres sont à l’étude. Mais une chose est sûre : la blockchain pourrait automatiser de nombreuses transactions qui sont aujourd’hui traitées manuellement, le tout de manière sécurisée et transparente. Les économies potentielles sont gigantesques pour les assureurs : jusqu’à 21 milliards de dollars pourraient être économisés chaque année au niveau mondial selon Capgemini, rien que pour le secteur automobile. De grands groupes comme Axa ou Allianz ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se penchent sur le sujet.

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Les banques vivement intéressées

De nombreuses transactions, un fort taux d’automatisation, des exigences en termes de sécurité et de transparence, … le secteur bancaire est probablement celui le plus directement concerné par la blockchain. Les nombreux avantages de cette dernière sont une véritable aubaine pour un monde financier en pleine mutation. Cette « invention géniale » selon les mots de Mr. Trichet, ancien président de la Banque Centrale Européenne (BCE), permettra aux grandes banques d’exercer leurs activités via une interface interopérable, flexible et extrêmement sûre.

À terme, les banques de réseau et les banques en ligne pourraient devenir de simples prêteurs, mis en relation avec leurs clients comme Uber le fait entre un chauffeur et un utilisateur, via un réseau blockchain. S’il reste du chemin à parcourir, l’innovation est en marche et chamboulera les acquis des acteurs en place sur le marché comme ING Direct ou HelloBank! : ce sera la fin de l’intermédiation financière telle qu’on l’a toujours connue.

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