Caisse d’épargne : « Vous être utile »

Notre note
  • Note générale
4

Summary

Les caisses d’épargne sont nées d’une idée de Benjamin Delessert, dans le but de collecter des fonds, l’épargne des français, qui servirait à reconstruire le pays après les guerres Napoléoniennes. De fil en aiguille, les caisses d’épargne sont devenues des banques comme toutes les banques, proposant les mêmes produits, quoique avec quelques singularités régionales, à des tarifs bien trop hauts au regard de ce qui est proposé aujourd’hui en ligne. Depuis l’union avec les Banques Populaires, et la fondation du groupe BPCE, la banque fait partie des 30 systémiques dans le monde, et songe plus que sérieusement à lancer, elle aussi, sa banque en ligne.

Sur ce site, nous avons du faire le tour de toutes les principales banques. Sur le net comme en agence physique. Et même sans doute un peu plus encore. Mais il nous manquait un célèbre établissement, qui a contribué à marquer l’histoire de la banque depuis presque 200 ans. Il s’agit de la Caisse d’épargne, célèbre banque mutualiste, aujourd’hui deuxième groupe bancaire français avec la BPCE. Mais nous préférons vous prévenir tout de suite, la Caisse d’épargne étant ce qu’elle est, constituée de multiples caisses régionales, notre tour d’horizon sera semblable à celui que nous avons effectué pour la Banque Populaire.

Qui est la Caisse d’épargne ?

La création des premières caisses d’épargne, on la doit essentiellement à des philanthropes, François De La Rochefoucauld-Liancourt et Benjamin Delessert. En relayant une idée du Baron Joseph-Marie de Gérando, les deux hommes souhaitent encourager l’épargne populaire dans une époque difficile économiquement et socialement, au sortir des guerres Napoléoniennes. C’est ainsi que naît, à Paris, la première Caisse d’épargne le 22 mai 1818. Attendez-vous certainement à un bel anniversaire le 22 mai 2018.

C’est aussi Benjamin Delessert qui a imaginé le livret A, devant permettre à l’état de récolter des fonds pour relancer son économie. Mais le succès ne peut être immédiat. Les français sont encore méfiants, et, surtout, pauvres. Les premiers clients seront de riches bourgeois qui voient là une bonne occasion de rentabiliser plus facilement leur capital. Il faudra donc attendre 1835 et la déclaration d’utilité publique de la Caisse d’épargne faite par l’état pour que les français retrouvent la confiance.

Le succès arrive enfin. Les fonds sont désormais confiés à la caisse des dépôts en 1837, et le nombre de caisses ne cesse de croître au fil du temps ; 284 en 1839, 364 en 1847, 546 en 1895… Le temps fait son œuvre et la Caisse d’épargne grandit bien, avant d’amorcer un nouveau virage au tournant des années 1980. Et cela commence par la régionalisation des Caisse d’épargne. Pour cela, on crée un nouvel outil, les SOREFI. Ces organes, un par région administrative sont détenues pour moitié par la caisse des dépôts et pour l’autre moitié aux caisses des régions en question. Dans le même temps, un organe central est créé, le Centre national des caisses d’épargne et de prévoyance (CENCEP), administré de la même façon.

Mais les regroupements ne se font pas aussi facilement qu’on le voudrait. Si bien qu’il est défini 35 caisses régionales pour beaucoup moins de régions. C’est que la lutte des petits chefs qui tiennent à conserver l’indépendance et la mainmise sur leurs territoires respectifs fait rage. Contre toute logique économique, donc, la caisse d’épargne compte 35 caisses régionales. Petit à petit, les caisses rachètent les SOREFI et deviennent des banques régionales généralistes. Elles sont indépendantes les unes des autres, achètent sur les marché directement, mais restent liées par un socle commun entre elles.

La caisse des dépôts devient minoritaire au sein de l’organe central, qui devient banque à son tour, et se lance sur les marchés. Et l’histoire récente est plus connue. En 2005, la Caisse d’épargne désormais séparée en SLE (Sociétés Locales d’épargne) et FNCE (fédération nationale des caisses d’épargne), tente un rapprochement avec la Macif et la MAIF, sur des produits de bancassurance et des services à la personne. En 2006, c’est le premier rapprochement entre les Banques Populaires et les Caisses d’épargne, au sein d’une filiale commune, Natixis. En 2007, Les caisses d’épargne achètent 40 % de Nexity contre 25 % dans le Crédit Foncier.

Et en 2008, c’est le début de la catastrophe, les erreurs de gestion dans Natixis sortent au grand jour. Les pertes s’accumulent. On parle de 600 Millions d’Euros, puis 751 millions, et enfin 2 Milliards d’Euros en février 2009. Compte tenu de leurs erreurs respectives, les banques populaires et les caisses d’épargne sont forcées de se rapprocher plus encore. Comme si la défaite, la cupidité et l’incompétence étaient devenus les trois marraines du nouveau second groupe bancaire en France ; BPCE. C’est l’ironie de l’histoire. Ils ont montré au monde leurs erreurs, et en guise de punition, on leur donne encore plus de pouvoir…

Depuis, les fusions de caisses régionales se poursuivent et les comptes semblent avoir été remis à flots. Le groupe annonce d’ailleurs qu’il va poursuivre sa quête de nouveaux territoires en lançant sous peu sa banque en ligne, entre les pures players déjà connus et les néobanques. Pour cela, elle a racheté Fidor, la première banque collaborative Allemande et ses 400 000 clients.

 

Les comptes et les cartes.

Bien entendu, vous trouverez ici tous les services classiques d’une grande banque, de l’accompagnement de base aux cartes bleues les plus sophistiquées. Et plus encore, car la Caisse d’épargne insiste également sur les comptes moins courants, comme les gestions de tutelles par exemple. Mais pour obtenir les tarifs, il faudra obligatoirement se rendre sur les brochures tarifaires de chaque caisse régionale. Et le site de la Caisse d’épargne n’est pas forcément le plus agréable à lire, tant il existe de produits et de services déclinés.

Tenez, rien qu’au niveau des moyens de paiement, pas moins de 15 possibilités sont mentionnées. Dans les faits, quand on y regarde de plus près, il n’y a pas 15 moyens de paiements différents, mais des services comme le fait de personnaliser sa carte s’ajoutent au  nombre et le font gonfler artificiellement donnant l’impression d’opulence. Vous trouverez donc toute la gamme Visa, ainsi que l’Apple Pay ou encore l’Izicarte, la carte de crédit adossée à un prêt renouvelable… Même ma carte rechargeable est mentionnée d’égal à égal avec la Visa Infinite…

Au niveau de la gestion des comptes, la Caisse d’épargne propose un service en ligne, la solution Direct Ecureuil. Mais le service est très limité et ne permet même pas l’édition d’un virement SEPA depuis une interface internet. Peut-être que cela ferait trop de concurrence à mon banquier en ligne, la banque en ligne de troisième génération de la caisse d’épargne sensée être confondue avec la banque d’agence, à la manière de ce que présente la BNP Paribas, ou de ce que fait HSBC. Mais là, on ne sait plus. Au final, abondance de produits et services nuit à la compréhension générale.

Un autre service à distance propose les alertes sms et un autre encore peut vous permettre d’effectuer vos virements SEPA par mail. Ça ressemble un peu à une gestion numérique un peu désuète. En même temps, on comprend. Même si la Caisse d’épargne cherche à rajeunir son image, sa clientèle est assez âgée et les services doivent être détaillés. Et puis au détail, ça rapporte plus. Sans y voir aucun lien de cause à effets, on se souvient que la Caisse d’épargne fait l’objet de poursuites récurrentes pour des soupçons d’abus de frais de forçage sur des comptes de personnes plus fragiles financièrement.

 

Les crédits.

Comme on peut s’en douter, on ne manquera pas de crédits à la caisse d’épargne. Un peu comme au LCL ou à Cetelem, ici, il y a un crédit pour tout. Si on louait la présentation simple des banques populaires, on ne pourra pas le faire pour la caisse d’épargne. Plus nous avançons dans le site, et plus nous nous apercevons que le détail des produits est présentée exactement de la même façon que sur le site de mon banquier en ligne. En fait, c’est une redite complète, sur toute la ligne. Et on comprend de moins en moins pourquoi deux sites alors qu’un seul aurait stratégiquement facilité la compréhension générale et éviter les doublons.

Mais peu importe. Du côté immobilier, vous avez donc accès à toute la gamme des prêts, allant du prêt immobilier à taux fixe libre, classique, à toute la gamme de prêts aidés (PTZ, écoPTZ…) Chaque ligne de prêt fait l’objet d’un lien particulier, ,sur lequel on vous explique que ce prêt est super, génial, mais sans vous donner le moindre détail chiffré. Pour obtenir ces détails, il faudra voir votre agence. Si vous faites comme moi, quand on ne vous donne pas les infos sur un prêt immobilier, vous les demandez à un courtier. Comme ça, il le fera pour tout le monde…

Du côté des prêts à la consommation, il semblerait que l’ensemble soit subdivisé en quatre catégories ; les prêts travaux, les prêts aux véhicules, le financement des études et les autres projets ou besoins de trésorerie. Et puis, dans chacune des sous catégories, on retrouve la litanie de produits et services habituels. Rien que pour les véhicules, on peut lire 6 brochures différentes ;

  • Un crédit véhicule à proprement parler, sans doute divisé en deux selon que le véhicule en vue soit neuf ou d’occasion ;
  • Un crédit développement durable véhicule. Il serait intéressant de connaître la différence réelle, en termes de conditions chiffrées, entre ces deux premières lignes de prêt ;
  • Un crédit permis à un europar jour ;
  • Le Liz-auto, un leasing donc ;
  • Le crédit premier véhicule, apparemment différent du crédit pour le deuxième ?… ;
  • Le Liz-auto jeune, ou un leasing pour les jeunes qui ne voudraient peut-être pas du crédit premier véhicule…

Mais le plus amusant reste sans conteste le cadre regroupant l’énoncé suivant : financer un besoin de trésorerie, ses envies… Il s’agit donc de lignes de prêt pour un besoin ou pour se faire plaisir, dixit la prose sous le cadre. Vous trouverez donc effectivement un prêt de trésorerie, mais également la fameuse Izicarte, carte adossée à revolving, un crédit de 1 000 €, un crédit jeune pour avancer dans la vie, et réservé aux 18-28 ans, et enfin un regroupement de crédits à la consommation. Personnellement, je ne sais ce qui vous fait envie dans cette liste, mais je n’aurais pas mis le prêt de regroupement sous un intitulé l’encourageant à financer mes envies et mes plaisirs… La chose est très souvent vécue avec douleur par les familles…

 

L’épargne.

L’épargne subit exactement le même sort que les crédits, du moins dans sa présentation. 7 catégories sensées diriger le chaland sont proposées, mais certains produits se retrouvent dans plusieurs catégories, ce qui ne facilite pas, encore une fois, la lecture générale des produits de la gamme. On retrouve fort logiquement toute la panoplie des livrets réglementés, comme le livret A, le LDD, ou encore les PEL et CEL. Quant aux autres produits d’épargne, nous les avons développés dans la page dédiée à mon banquier en ligne.

On retient malgré tout le Quadreto, mélange d’un PEL et d’un compte à terme, et envisageable sur 4, 6, 8 ou 10 ans. Un produit qui a quelques similitudes avec la Moisson et le Messidor de la banque populaire. Il semble que ce ne soit pas qu’un heureux hasard. Vous trouverez aussi les assurances-vie de la caisse d’épargne ainsi que les produits boursiers et un chapitre complet sur l’optimisation fiscale. Signe des temps, ce genre de pratique ne choque plus personne.

Et si l’optimisation fiscale peut se révéler intéressante à plus d’un titre, notamment quand elle entre dans un projet commun, plus grand, et favorisant le bien de tous, elle est toujours malheureusement présentée comme un gain individuel. C’est presque paradoxal d’ailleurs, pour une banque mutualiste, coopérative, fondée par des philanthropes œuvrant pour le refinancement de l’économie d’un pays tout entier, que de faire ainsi l’éloge du gain individuel par le biais de l’optimisation fiscale…

 

Les assurances.

Dans la gamme assurances, la caisse d’épargne nous propose d’assurer nos biens d’un côté, et les personnes de l’autre. Logique. Concernant les assurances aux biens, on trouve :

  • Trois assurances aux véhicules ;
  • Deux assurances habitation ;
  • Une assurance pour le téléphone mobile ;
  • Une télésurveillance.

Les assurances aux véhicules sont destinées avant tout aux voitures, pour deux d’entre eux et aux deux roues. La différence entre les deux assurances auto est du à l’âge du conducteur. La même réflexion a conduit au même résultat concernant les assurances habitation. La première est déclinable pour tous les logements quand la seconde est entièrement dédiée aux jeunes et étudiants.

Concernant l’assurance aux personnes, la gamme est encore plus étendue. Laissez-nous vous lister les produits vendus :

  • Secur’Famille, un contrat de décès PTIA pour que la famille perçoive une rente ou un capital au décès ou en cas de perte et irréversibilité d’autonomie ;
  • Garantie des accidents de la vie, ou GAV, pour se protéger des accidents de la vie, pour toute la famille ;
  • Prévoyance du locataire, permettant de continuer d’honorer son loyer en cas de perte d’emploi ou d’arrêt de travail prolongé ;
  • Assurance sur épargne, au cas où, hein… ;
  • Protection juridique ;
  • Assurance séjour à l’étranger, presque concurrents des assurances voyages ;
  • Garanties santé, la complémentaire santé de la caisse d’épargne ;
  • Sécur’Obsèques, l’assurance obsèques classique ;
  • Assistance vie, pour se prémunir contre une perte d’autonomie qui vient doucement ;
  • Garanties santé pour les jeunes, la complémentaire santé pour les plus jeunes, donc ;
  • Solution rapatriement de corps, qui devrait faire doublon avec l’assurance séjour à l’étranger, ou l’assurance obsèques… Ou les deux…

Quoiqu’il en soit, vous êtes certains de ne pas manquer d’assurance à la Caisse d’épargne. Mais ne souscrivez pas à tout. Même si vous êtes garantis plusieurs fois sur un même sinistre, une seule intervention reste possible. Evitez donc les doublons.

 

Conclusion.

La Caisse d’épargne est une grande banque, historique de surcroît, et le nom de Benjamin Delessert est très réputé. Mais sérieusement, on se demande encore dans quelle direction la Caisse d’épargne souhaite avancer. Vers quel type d’interface ? Pour quelles catégories de clients ? Avec quelle logique et quel plan marketing ? Il très difficile d’être à la fois une banque de proximité et une banque distante, une banque pour les personnes âgées ou les personnes en difficulté et les plus jeunes et plus dynamiques. Les images ne sont pas du tout les mêmes.

De fait, la Caisse d’épargne reste floue. On doit avouer que c’est un peu le cas de nombreuses banques aujourd’hui. Dans une ère d’hyper spécialisation, la généralisation des services nuit souvent à la performance, et ça se sent. De notre côté, tout ce que nous attendons de la Caisse d’épargne désormais, c’est qu’elle lance sa banque en ligne. Ce qui, semble-t-il, ne devrait plus tarder. Mais alors, mon banquier en ligne sera-t-il conservé ?

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