Discrimination bancaire : une pratique enfin démasquée

Les clients d’origine étrangère et les femmes auraient moins de chance d’obtenir un crédit auprès de leur établissement bancaire. C’est la conclusion de la ville de Villeurbanne qui a mené une campagne de 90 tests dans 63 agences bancaires de 12 banques différentes. Si, d’après le Défenseurs des droits, il est nécessaire de sensibiliser le personnel bancaire quant à ce problème, la Fédération bancaire française a contesté la validité de l’étude dont les résultats ont été jugés approximatifs et imprécis.

Une enquête inédite

D’avril à décembre 2016, 90 tests ont été réalisés au sein de 63 agences de 12 banques situées en région Auvergne-Rhône-Alpe. Les banques concernées sont BNP Paribas, Caisse d’épargne, CIC, Banque Populaire, Crédit Agricole, Société Générale, LCL et la Banque Postale. La ville de Villeurbanne a commandé cette étude afin de lever le voile sur les pratiques discriminatoires fréquemment observées dans les agences bancaires.

Les personnes d’origine étrangère victimes de discrimination

D’après les résultats des tests publiés en septembre, les clients d’origine étrangère et les femmes seraient les plus vulnérables à la discrimination bancaire lorsqu’ils demandent un emprunt dans leur agence. Contrairement à un homme blanc, un homme noir ou d’origine maghrébine a plus de difficultés à obtenir un rendez-vous avec un conseiller. Ce dernier a tendance a consulter sa hiérarchie avant de donner une réponse. D’après le Défenseur des droits, les conseillers bancaires utilisent le sexe et l’origine supposée des personnes comme indicateur de la qualité économique d’un candidat au crédit.

Refus de rendez-vous et de simulations de crédit

Les clients mystères envoyés pour tester les agences se voyer demander une pièce d’identité, refuser un rendez-vous et des simulations de crédit immobilier s’ils étaient “supposés comme d’origine subsaharienne” ou tout simplement des femmes créatrices d’entreprise. Ils ont même parfois été reçus à l’accueil sans aucun respect de la confidentialité client. Nombreux testeurs d’origine maghrébine n’ont jamais reçu les informations demandées sur l’emprunts tels que les taux d’intérêt et la durée du remboursement.

Le Défenseur des droits montent au créneau

D’après les défenseurs des droits, il est nécessaire que les établissements bancaires réagissent afin de prévenir des risques de discrimination bien réels. Les chargés de clientèle doivent être formés correctement à l’accueil, et l’interdiction de ces pratiques doit être rappelé dans les codes de déontologie internes. De son côté, le Défenseur des droits a prévu de contacter le ministère de l’Économie ainsi que le secrétaire d’État chargé de l’égalité entre les hommes et les femmes pour les alerter du phénomène dans le secteur bancaire.

La Fédération bancaire française conteste les résultats

La FBF s’est empressée de critiquer les résultats de l’étude, jugés “approximatifs et imprécis” car le test aurait été mené sur un nombre d’agences trop limité. Les banques ont déclaré juger l’appréciation de l’étude difficile, mais ont cependant assuré que ces discriminations seraient sévèrement condamnées dans le cas où elles seraient avérées. La FBF a ensuite demandé un entretien avec le Défenseur des droits pour ouvrir un dialogue permanent sur le sujet.

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