La microfinance se porte-t-elle bien ?

La microfinance, ce jeune secteur bancaire assez méconnu dans les pays Occidentaux, connait une croissance exponentielle. De plus en plus de pays et de particuliers ont recours à cette solution de paiement. Point sur cette nouvelle forme de crédit bancaire.

Un secteur dynamique et en pleine mutation

La microfinance est une nouvelle forme de système bancaire née au milieu des années 1970 dans les pays d’Asie principalement. Il s’agit là d’un ensemble de produits bancaires exclusivement dédiés aux personnes exclues du système bancaire traditionnel. Octroiement de prêts, produits d’épargne, constitution sécurisée d’un patrimoine, etc. la microfinance recouvre tous les produits bancaires dont les personnes les plus pauvres ont le plus besoin.

Les services de microfinance sont nés et sont employés majoritairement dans les pays pauvres et sous-développés. Dans certains pays d’Asie du Sud-Est la microfinance connait une véritable croissance à vitesse exponentielle. L’expansion de ces solutions de paiement témoignent de la vitalité de ces régions du monde. Ainsi que de leurs besoins financiers.

La microfinance en chiffres

Ainsi, en 2014, ce sont plus de 1 045 institutions qui ont accordé 87 milliards de dollars de microcrédits à environ 111,7 millions de personnes dans le monde. A titre d’exemple, le montant moyen d’un microcrédit octroyé en 2014 était de 718 dollars.

Selon le Baromètre de la Microfinance institué par le regroupement d’Associations alternatives Convergences, 2 milliards d’adultes dans le monde n’ont accès à aucun système bancaire et financier. Toujours selon ce Baromètre publié en septembre dernier, le secteur de la microfinance connait une croissance annuelle en moyenne de 9% du portefeuille global de prêts octroyés et du nombre d’emprunteurs actifs.

Les acteurs de la microfinance

Les services de microfinance sont proposés par des acteurs locaux : associations, particuliers, ONG et institutions nationales proposent de petits prêts aux particuliers afin de les aider dans le développement de leurs activités. La majorité des microcrédits sont accordés dans les zones rurales du monde.

Selon une étude menée entre 2010 et 2014, 81% des bénéficiaires de ces microcrédits sont des femmes. De plus en plus de particuliers en Asie du Sud ont recours par exemple à cette méthode de financement. Cette région rassemble environ 60% des emprunteurs selon le cabinet Convergences. En 2016 sur cette région seulement, la croissance de prêts enregistrée a été de +23,5% !

Les pays d’Amérique latine et les Caraïbes profitent également de cette solution bancaire. En 2016, ces régions ont cumulé plus de 42,5 milliards de dollars d’encours.

La microfinance est une pratique qui se répand de plus en plus. En Afrique subsaharienne elle a cumulé 8,7 milliards de dollars d’encours l’année dernière. Dans la région d’Afrique du Nord ce sont plus de 6,7 milliards de dollars qui ont été redistribués à 2 millions de particuliers sous forme de microcrédits. Enfin en Europe la microfinance a mobilisé environ 9 milliards de dollars.

Le microcrédit une solution à la pauvreté ?

Les microcrédits permettent aux foyers les plus pauvres d’emprunter de l’argent facilement à des taux très bas. Ils encouragent ainsi le développement économique local et peuvent être perçus comme un moyen de lutter contre la précarité et la pauvreté.

On retrouve ainsi la microfinance dans de nombreux secteurs comme l’artisanat, la protection sociale ou encore l’éducation.
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Les femmes, principales bénéficiaires du microcrédit

Dans les pays les plus pauvres, ce sont majoritairement les femmes qui bénéficient le plus de cette méthode de financement. En effet, selon l’ONG The Microcredit Summit Campaign, 97% des bénéficiaires de microcrédits au Bangladesh seraient des femmes. Contre une moyenne de 74% à l’échelle mondiale.

Touchant principalement des secteurs employant une main d’oeuvre très féminine, le microcrédit constitue un levier d’élévation sociale et de valorisation de la condition féminine dans de nombreux pays.

Quelques exemples :
  • A Ouagadougou au Burkina Faso, le microcrédit a permis le financement de latrines privées pour de nombreux ménages
  • Une association regroupant de 250 entrepreneuses au Sénégal permet de financer diverses activités : élevage de poulets, fabrication de savons, éducation de jeunes filles, tournée de soins dans des villages reculés, construction de maisons, etc.
  • En Asie de l’Est et du Sud-Est, le microcrédit a permis à des centaines de familles de reconstruire leur habitation suite à des catastrophes naturelles. Plus de 150 millions de personnes ont également pu exercer une activité grâce à cette solution de financement.

D’autres solutions alternatives existent et se développent à l’échelle mondiale

Le microcrédit améliore-t-il réellement la condition de ses bénéficiaires ? Les montants sont certes peu importants et les taux d’emprunt bas mais ses bénéficiaires parviennent-ils pour autant à rembourser leurs prêts ?

Ces questions restent controversées. Il n’existe à ce jour aucune étude concernant l’évolution des conditions de vie des bénéficiaires du microcrédit. Il est donc difficile de mesurer son l’impact réel sur le développement d’un pays.

Le financement de masse

On pense bien entendu tout d’abord au crowdfunding. Cette méthode de financement connait également une forte croissance. En termes de prêts accordés, le crowdfunding connait une croissance de +46% au premier semestre 2016 ! Abordable par tout le monde, il constitue une excellente alternative au prêt bancaire.

Les alternatives du secteur bancaire

Les banques en ligne ont également une carte à jouer. Déjà présentes en Europe, Amérique du Nord et Asie, elles présentent des solutions d’emprunts plus abordables que celles proposées dans par le système financier classique. Et se tournent ainsi vers les exclus du monde bancaire en proposant de nombreuses solutions à destination des pauvres et jeunes entrepreneurs.

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