La bonne santé financière du Crédit Mutuel Arkéa.

Alors que les discours émanant de la grande direction de la confédération nationale du Crédit Mutuel prédisait un avenir sombre pour une fédération qui serait tenté de poursuivre l’aventure seule et prône toujours un rapprochement synonyme de centralisation nationale des caisses de Crédit Mutuel, le Crédit Mutuel Arkéa prouve, grâce aux résultats de son exercice 2016, qu’il peut être tout à fait compétitif, même en conservant sa position autonomiste.

Des résultats en forte hausse.

Car en effet, les résultats du Crédit Mutuel Breton sont tout simplement historiques. Et ces chiffres valident le modèle économique choisi par Arkéa. Jean-Pierre Denis, président du CM Arkéa appuie dans un entretien donné au Télégramme : « Dans un environnement économique peu porteur et en proie à de profondes transformations, 2016 est l’année la plus accomplie de toute l’histoire du CM Arkéa. »

Le Crédit Mutuel Arkéa n’est pas simplement le propriétaire des caisses Bretonnes. Il regroupe avec elles les caisses du Sud-ouest, du Massif Central, mais également une vingtaine de filiales spécialisées dans leurs domaines. Et l’on compte parmi elles Fortuneo et Keytrade, deux banques en ligne au tempérament marqué, et qui ne cessent de progresser, proposant toujours des produits innovants. Le rapprochement entre les deux entités en Belgique (car Keytrade est la banque en ligne N°1 en Belgique) fait de Fortuneo une banque approchant les 700 000 clients en Europe et se rapprochant de Boursorama Banque et d’ING Direct, les deux leaders Français en nombre de clients.

Suravenir, Financo, Fortuneo, Keytrade

Pour en revenir aux chiffres, la CM Arkéa s’enorgueillit d’un chiffre d’affaire à 1,85 Milliard d’Euros sur l’année 2016, en progression de plus de 4 % par rapport à l’année précédente. Mais le chiffre le plus important est sans conteste le résulta net du groupe, qui progresse de 13,5 % pour dépasser allègrement les 300 Millions d’Euros, somme encore jamais atteinte auparavant. La santé financière de l’entreprise non cotée en bourse est donc excellente, Jean-Pierre Denis précisant par ailleurs que le groupe possédait 19 Milliards d’Euros de liquidités excédentaires en fin d’année.

Bien sûr, l’apport de Keytrade est un plus ; 230 000 clients, 5 milliards d’Euros d’actifs et une épargne conséquente dans la banque en ligne Belge font forcément grimper la courbe. Il ne faudra sans doute pas s’attendre à la même progression l’an prochain, mais les hauteurs atteintes sont déjà réellement impressionnantes et, compte tenu de la fiabilité du modèle économique et de l’impact moindre que subira le groupe en cas de crise boursière, on peut facilement penser qu’Arkéa saura consolider son bilan en 2017.

Une bataille pour la survie du groupe.

De fait, dans les relations tendues qui perdurent entre la fédération de Strasbourg et celle de Bretagne, les chiffres d’Arkéa renforcent les convictions de Jean-Pierre Denis, toujours dans le télégramme du 6 mars 2017 : « On aura du mal à voir le signe de l’essoufflement du CM Arkéa. La perspective d’une séparation n’a pas affecté nos résultats. On croit à notre modèle et non aux vertus de la banque centralisée qui est la banque du passé et ce ne sont pas les discours de la Confédération qui nous conduiront à changer d’opinion. » Keytrade_Bank_Logo

Le conflit n’est donc pas prêt de désarmer, et les Bretons d’Arkéa sont tout à fait prêt à la séparation pure et simple. Il faut dire que les conflits d’intérêts existant au sein de la confédération nationale lui donnent raison. Il est demandé à Arkéa de se montrer solidaire avec le CM11-CIC. Mais comment être solidaire d’un concurrent ? En effet, le Crédit Mutuel de Strasbourg n’ayant pas de possibilités de se développer sur les territoires conquis par les bretons, il avait racheté le CIC, bien implanté en Bretagne. Il joue donc sur les deux tableaux ; partenaire/concurrent, tout en essayant de s’approprier les avoirs d’Arkéa.

On comprend dès lors beaucoup mieux la position tenue par le Crédit Mutuel Arkéa, encore dans le Télégramme : « La vraie question est de savoir qui a le pouvoir de décider de l’avenir du CM Arkéa. On a tendance à penser que le président (NDLR : Nicolas Théry) n’est pas le mieux placé pour savoir où est notre intérêt. Son opinion nous est indifférente. Dans notre entreprise, ce sont nos actionnaires qui décident. Nos caisses locales sont souveraines. On les a consultées. Le cap a été fixé. Il sera maintenu et on n’acceptera aucune remise en cause. »

Il ne reste donc plus au groupe Breton qu’à attendre la décision du conseil d’état quant à la question sur la fameuse solidarité financière. Ais tant que les questions sur les conflits d’intérêts n’a pas été réglée, Jean-Pierre Denis et les siens ne changeront pas leur cap d’un iota. Une situation explosive qui pourrait entraîner la sécession du groupe Breton. L’affaire reste à suivre donc, mais pour l’instant, les chiffres donnent raison au modèle économique prôné par l’Ouest. Qui disait, à l’Ouest, rien de nouveau ?

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