SFR va également se lancer dans la banque en ligne

Ce que l’on considérait jusqu’ici comme une tendance passagère se transforme en course sans fin : les uns après les autres, de nouveaux acteurs annoncent leur entrée sur le marché des banques en ligne. Et cette fois-ci, c’est un acteur de taille qui pourrait se lancer puisqu’Altice, la maison-mère du groupe télécom SFR, a annoncé le lancement de sa banque en ligne d’ici 2019. Cette information fait bien évidemment écho à l’actualité autour d’Orange Bank, banque en ligne du n°1 français des télécoms, dont l’arrivée se fait attendre depuis quelques mois.

SFR entre dans la danse

La volonté émane directement de Patrick Drahi, entrepreneur milliardaire qui possède une part importante d’Altice, un géant commercial qui est plus connu auprès du grand public français sous le nom de sa marque de téléphonie, SFR. M. Drahi envisage en effet de lancer d’ici début 2019 une nouvelle offre de banque en ligne, afin d’ajouter un nouveau volet à sa longue expérience dans le monde des affaires. Le franco-israélien est à la tête d’un empire qui est déjà solidement implanté dans le paysage audiovisuel et particulièrement dans le monde des médias.

Altice est une entreprise gigantesque, dont la taille a augmenté de façon impressionnante ces dernières années, notamment par le recours à l’endettement. Par le biais de nombreuses acquisitions, le groupe a étendu son emprise sur le sol européen, mais aussi aux Etats-Unis. La transaction la plus emblématique est peut-être celle de Teads (comprenez « Technology for Advertising »), une jeune entreprise d’origine toulousaine spécialisée dans la publicité en ligne, pour la bagatelle de 285 millions d’euros. Alticebank (c’est son petit nom), filiale du groupe Altice, pourrait donc voir le jour dans les nombreux pays où Altice est d’ores et déjà implantée en profitant du réseau de sa maison-mère.

Avec cette opération, Altice s’ajoute à une liste déjà bien longue de concurrents sur le marqué de la banque en ligne. Outre les six acteurs principaux que nous connaissons bien, les prétendants sont déjà nombreux : Ferratum, Orange Bank, le Compte Nickel sous la houlette de BNP Paribas, … chacun espère se tailler la plus grosse part de l’immense gâteau de la banque en ligne.

alticebank - patrick drahi

Une annonce (presque) attendue

Pour les plus observateurs d’entre vous, la nouvelle n’était peut-être pas passée inaperçu : les marques « SFR Bank » et « SFR Banque » avaient été déposées en octobre 2016 auprès de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI). Même chose pour les noms de domaines, dont certains étaient déposés depuis mars 2011. Même si ces éléments ne constituaient pas des preuves suffisantes du lancement d’une nouvelle offre SFR, elles avaient le mérite de nous mettre la puce à l’oreille.

L’autre élément annonciateur était tout simplement l’ambition d’Orange, numéro 1 historique des télécoms en France devant SFR, qui a annoncé depuis maintenant quelques temps son intérêt pour la banque en ligne. Orange voit dans sa filiale Orange Bank un moyen de fidéliser une clientèle déjà existante (30 millions de clients en France !), tout en développant l’interconnexion de ses services existants. Si le lancement d’Orange Bank se fait toujours attendre après 3 retards successifs, Altice a certainement eu le temps d’étudier la pertinence de ce choix stratégique, et s’aligner sur son principal concurrent. Des offres gratuites et innovantes devraient donc venir concurrence des banques en ligne établies depuis longtemps, comme ING Direct, Boursorama ou Fortuneo.

alticebank - sfr et altice

Une stratégie différente

Les deux poids lourds que sont Orange et SFR ne sont cependant pas du tout sur un pied d’égalité dans cette nouvelle course. L’intégralité du projet d’Orange repose sur un argument de taille : la participation majoritaire que le groupe a pris dans Groupama Banque en 2016. Avec cette acquisition, Orange s’est assuré un départ en tête : il bénéficie de l’expertise de Groupama Banque, de ses équipes, ainsi que des solutions qui étaient déjà développées par ce dernier.

De son côté, Altice ne dispose pas de cette avance : le groupe devra partir de zéro, faute de structure telle qu’une banque pour accélérer le processus. Des sésames indispensables, tels que l’agrément de la Banque Centrale Européenne (BCE), sont des procédures parfois longues auxquelles Altice ne pourra donc pas se soustraire avant de lancer ses activités commerciales en tant que banque de détail.

Si les modalités de démarrage sont différentes, on peut toutefois deviner que les intentions des deux mastodontes seront les mêmes : jouer sur la complémentarité entre la nouvelle offre bancaire 100% en ligne et l’offre historique (télécom, services, …) afin de fidéliser une clientèle de plus en plus volatile, et améliorer l’expérience client.

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