Faut-il se méfier de la fragmentation de l’offre bancaire grand public ?

Carrefour, Orange, Fnac, … dans plusieurs de nos précédents articles, nous avons évoqué la multiplication de l’offre de service bancaire en France. Ces irruptions bouleversent nécessairement le rapport de force existant dans le milieu bancaire. Faut-il se méfier de ces arrivées en cascade, ou seront-elles bénéfiques pour le consommateur ?

Un bouleversement bancaire en faveur du consommateur

De prime abord, l’arrivée de nouvelles banques sur le marché est une bonne nouvelle pour le consommateur. Elle favorise le jeu de la concurrence, et entraîne une remise en question nécessaire des acteurs du marché afin de proposer des offres qui rivalisent d’ingéniosité. C’est une tendance que l’on a pu encore vérifier en 2012 sur un autre marché, celui de la téléphonie mobile. L’arrivée de Free, avec une politique tarifaire très agressive, a eu l’effet d’une bombe au sein de la triplette bien agencée de Bouygues,  offre-bancaire-illustration Orange et SFR. Les nouvelles offres bancaires, proposant des services équivalents voire plus flexibles à des prix moindres, ont la même capacité que Free à changer la donne du secteur bancaire tout entier.

Le gain principal, c’est celui de la mobilité : une carte que les banques traditionnelles n’ont que trop peu joué pendant la dernière décennie. Elles ont en effet été soumises à une marche forcée, initiée par les nouvelles technologies de communication que les FinTechs exploitent pleinement. Le simple fait de pouvoir réaliser une étude détaillée de ses dépenses à partir de ses relevés de compte est une revendication extrêmement forte des clients, qui n’est pas encore présente dans toutes les offres bancaires malgré sa faible technicité. C’est pourquoi des applications périphériques (Linxo ou Lydia, par exemple), prennent le relais … jusqu’à ce que les établissements bancaires traditionnels se décident à prendre le taureau par les cornes. Le recentrage de la réflexion sur les usages du consommateur leur permettra d’orienter leurs choix stratégiques de manière pertinente.

Enfin, la diversification de l’offre lui permet de répondre de façon plus précise à des revendications très parcellaires de la clientèle globale. Ces segments sont multiples : les entrepreneurs qui peinent à accéder à des solutions bancaires simples, les interdits bancaires et autres clients potentiels aux ressources modestes, … Les offres sont évidemment très encadrées légalement. Mais elles ont le mérite d’ouvrir le monde de la banque à des personnes qui étaient jusqu’ici intimidées par les procédures et la complexité administrative, ou qui considéraient que les banque n’était pas faites pour elles.

Des normes légales à respecter

Et ce cadre légal pourrait bien être le facteur différenciant. Car en théorie, tout le monde peut se lancer dans les services bancaires. Seulement, ce secteur est très réglementé, car n’importe qui ne peut pas se permettre d’émettre de la monnaie, des prêts, des crédits immobiliers et autres opérations bancaires. Toute nouvelle entrée sur le marché est soumise à l’approbation de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), un organisme adossé à la Banque de France, offre-bancaire qui assure la probité des acteurs qui rentrent sur le marché.

On ne peut pas se soustraire à l’autorité de l’ACPR, qui passe au crible de très nombreux paramètres. Structure juridique, responsables, capital, produits commercialisés, forme de l’organisation, programme d’activité, … rien n’est laissé au hasard. Et à l’issue de cette inspection, une licence est éventuellement délivrée, en fonction de la catégorie d’activités dans laquelle le nouvel entrant veut se placer.

De fait, des entreprises autrefois spécialisées sur un secteur tout autre (grande distribution, téléphonie par exemple) estiment aujourd’hui qu’elles ont suffisamment de connaissances sur leurs clients pour répondre à leurs besoins avec des offres bancaires novatrices. Il en résulte une fragmentation de l’écosystème bancaire, qui se spécialise à outrance sans forcément offrir au consommateur des prix plus intéressants, à services équivalents.

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