Où en sont les néobanques ?

Nous vous en parlons très souvent, de ces nouvelles entités, start-ups financières qui aimeraient bien damer le pion aux grandes banques de réseau. Mais si nous le faisons, c’est que l’actualité de ce secteur d’activité le demande. Il ne se passe pas une semaine sans que l’une ou l’autre ne fasse parler d’elle. Toutes ont promis de révolutionner le monde bancaire à court terme. Pour l’instant, les promesses ont belles, mais quand ça marche, les gros sous des banques traditionnelles sont toujours là pour racheter à leur profit les découvertes et les technologies de ces start-ups.

Comme nous l’avons déjà précisé, le Compte Nickel est désormais la propriété de la BNP Paribas, la néobanque collaborative allemande Fidor est entrée dans le giron de la BPCE et même Leetchi appartient au Crédit Mutuel Arkéa. Pour couronner le tout, d’autres acteurs entrent bientôt en scène. Durant l’été, vous verrez donc apparaître Orange Bank, tant attendue, puis, un peu plus tard, vous découvrirez ce que la BPCE a fait de Fidor, avant de voir la Banque Postale ouvrir sa banque en ligne.

 

Monzo et les Monzonautes.

Et puis après, direz-vous ? Y en-a-t-il encore d’autres ? La réponse est Oui. De nombreuses Fintechs sont en développement et souhaitent bien envahir le marché de leurs technologies nouvelles et concepts révolutionnaires. A commencer par le Britannique Monzo, près à conquérir de nouveaux Monzonautes partout en Europe. Fraîchement auréolée de sa licence bancaire complète, Monzo est prête à dérouler son offre complète de comptes bancaires avec IBAN. Mais le Brexit pourrait freiner son expansion. En effet, le passeport Européen permet à toute société validée dans son pays de s’étende dans les autres pays de l’Union Européenne. Mais qu’en sera-t-il dans deux ans ? Alors, verra-t-on Monzo débouler dès cet été ?

Quoiqu’il en soit, le modèle développé par Monzo est très proche de celui de N26, la néobanque Allemande dont on vous parle assez souvent. La différence, c’est que N26 a déjà une belle longueur d’avance. La banque de Berlin est présente dans 17 pays, après seulement Deux ans d’existence. Comment est-ce possible ? N26 est extrêmement souple et le développement de l’application centrale permet l’adjonction de nombreuses autres applications autour du concept de base, accélérant sans cesse le processus. Et en Allemagne, N26, qui s’ouvre officiellement aux artisans et auto entrepreneurs partout en Europe, leur délivrant ainsi une opportunité de compte professionnel aux frais très réduits, vient encore de franchir un nouveau cap.

 

L’accélération N26

Si l’idée d’attaquer les banques de réseau sur le marché professionnel était déjà une vraie nouveauté (on rappelle que chez les pures players, seule Boursorama Banque offre des comptes pro) et un angle d’attaque très pertinent, N26 accélère encore en proposant désormais à ses clients allemands des crédits. Et il y a de fortes chances pour qu’une fois les premiers tests passés, cette offre débarque aussi en France sous peu. Concrètement, les prêts disponibles sont d’un montant maximum de 25 000 € pour un taux compris entre 2,99 et 8 % selon le scoring établi par la néobanque. Et là où N26 fait fort, c’est que le prêt se demande directement sur l’application. Il est validé en visioconférence après calculs des deux parties.

Mieux, seule une signature numérique suffit. Pas de paperasses, pas d’administratif, pas de perte de temps. On fait simple et rapide. Pour autant, la législation française sur les crédits freinera sans doute les ambitions de la banque Allemande. En effet, N26 annonce que les fonds sont directement disponibles sur le compte N26 du souscripteur, une heure après la validation. Or, en France, la loi impose un délai de 7 à 14 jours suivant le crédit. Et il y a fort à parier que sur ce coup là, les banques françaises soient solidaires devant la menace étrangère. Comme quoi, on est Européiste quand ça nous arrange.

 

Orange et Carrefour bientôt rejointes ?

Logo-Carrefour-BanqueRevenons en France. Si tout le monde est désormais au courant de l’arrivée d’Orange Bank et de sa révolution annoncée, ou encore de la mise en place récente du compte C-Zam chez Carrefour Banque, disponible dans 3 000 magasins en France, combien savent que le la banque Edel, émanation du groupe E. Leclerc avait racheté la néobanque Morning en perdition ? Eric Charpentier parti, il est clair que la direction que prendra la future ex-banque collaborative sera différente. Edel a indiqué dernièrement qu’elle poursuivrait sur la voie tracée par le fondateur de Morning, en ouvrant l’accès aux cartes bleues en direction des particuliers.

Mais ce ne sera pas le seul débouché pour Edel, qui désire aussi fonctionner en BtoB, lui permettant ainsi de poursuivre son développement dans l’offre de services sur le marché de l’acquisition des paiements et l’émission de cartes bleues. De là à voir Morning venir concurrencer le compte C-Zam de Carrefour, la ligne est mince et peut être franchie allègrement. De la même façon que les rumeurs sur une SFR Banque vont continuer de gonfler, le compte bancaire Leclerc pourrait voir le jour assez rapidement. Et la course à la création n’est sans doute pas encore finie.

 

Will.I.Am dans la danse.

Dans tout domaine d’activité, les premiers arrivés sont souvent les mieux servis. Et il faut reconnaître à Orange cette capacité à flairer le bon Bannière Number26filon. Du minitel à la néobanque, en passant le portable et de nombreuses autres applications du quotidien, la firme Française a toujours été dans les bons coups. Mais elle n’est pas la seule. Partout dans le monde occidental, tout le monde s’y met. Même Will.I.Am, le chanteur producteur de Black Eyed Peas s’y met. Atom est un concurrent affiché de Monzo, et se trouve très fière d’avoir attiré dans son giron le célèbre Will.I.Am. Et pas seulement que pour l’image, mais également pour ses capacités créatives et son feeling plutôt bon sur ce qui marchera dans l’avenir. Rappelons que l’homme a déjà prêté son image à Deutsche Telekom, au Musée du Louvre ou encore à Inter Corp.

N26, Lydia, Atom, Monzo, Fidor, Orange… La liste n’est pas exhaustive, et gageons que bien d’autres suivront encore dans les deux ans qui viennent. Après, ce sera sans doute l’heure des concentrations, des rachats, des fusions, des dépôts de bilan pour certaines même. Le milieu est féroce et sans scrupule. Ne resteront que les plus solides, les plus créatives et les plus téméraires. En attendant, pendant ces phases de développement, on peut essayer pas mal de choses gratuitement. Les cartes bleues prépayées, les comptes sans banque et les Fintechs pullulent, foisonnent littéralement sur le net. C’est maintenant qu’il fat essayer. Après, les rescapés entreront dans un nouveau dogme, établissant une forme d’équilibre. Et il y a fort à parier que les choses seront beaucoup moins amusantes. Alors sachez profiter des bons moments du présent.

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