Taux directeurs : la BCE continue sur sa lancée inflationniste

La surprise n’en est pas tellement une. Lors de sa réunion du jeudi 27 avril, la Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé qu’elle allait laisser ses taux inchangés, afin de continuer dans la lignée de sa politique actuelle. Elle a aussi confirmé la réduction de la taille de son programme de rachat d’actifs publics et privés de 80 à 60 milliards d’euros, comme cela avait été annoncé plus tôt dans le mois d’avril.

La BCE dans une zone euro en mal d’inflation

La Banque Centrale Européenne, forte de son rôle de régulateur de l’économie européenne, continue sur sa lignée inflationniste afin de soutenir la reprise économique européenne, encore très timide. Sur les variables économiques, tout est donc fait pour faciliter l’émission de monnaieBCE-taux-directeurs-illustration. Le taux de refinancement des banques reste ainsi stable à 0,00% : c’est lui qui permet aux banques telles que la Société Générale, HSBC, la BRED ou d’autres cadors du secteur de se renouveler leurs réserves. le taux de dépôt demeure à -0,40%, une première historique qui a débuté en juin 2014. Le taux de facilité marginale, quant à lui, désigne le prix auquel la Banque centrale prête des liquidités aux banques : il est désormais à 0,25%, contre 1,75% en janvier 2012 et 5,25% en août 2008. Dans les faits, les banques européennes peuvent donc se refinancer à taux zéro chaque semaine auprès de la BCE, ce qui veut dire que l’émission monétaire est largement encouragée. Il est également facile pour les grands groupes bancaires d’obtenir des liquidités afin de subvenir aux demandes de leurs clients.

Ces taux n’ont pas bougé depuis mars 2016, et ne devraient pas remonter avant un bon moment, si on en croit les affirmations de Mario Draghi, président de la BCE. Les grands bouleversements politiques de 2016 et 2017 auraient pourtant pu infléchir cette position, mais il n’en est rien : ni le Brexit, ni l’élection de Mr Trump, ni l’annonce d’élections législatives anticipées en Grande-Bretagne ont fait bouger de position la BCE. L’élection présidentielle française du 7 mai est une autre échéance très attendue en raison des revendications de la candidate du Front National sur la sortie de la zone euro. L’institution monétaire de Francfort n’est pas encore prête à lâcher du leste, l’inflation ayant à nouveau reculé au mois de mars (1,5%, contre 2% en février).

Un soutien à la reprise économique

Plusieurs organismes d’analyse confirment une tendance que l’on ressent dans l’économie réelle : le risque pesant sur notre économie s’est réduit. La zone euro n’est plus au bord de l’éclatement comme en 2011, et les économies nationales regagnent en vigueur, même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir pour retrouver une situation économique vertueuse. BCE-Mario Draghi-euroLors de sa conférence de presse, Mario Draghi a souligné que la reprise s’affirme progressivement. Les indicateurs économiques laissent présager une reprise du cycle économique européen. Cependant, l’inflation reste à un niveau très faible, ce qui oblige la BCE à conserver cette politique monétaire accommodante pour encore quelques mois, voire années. Alors que les Etats européens sont encore minés par le montant de leur dette, l’inflation serait un remède naturel pour alléger ce poids : la valeur nominale resterait inchangée, tandis que la valeur réelle baisserait sensiblement.

Les observateurs sont désormais focalisés sur la prochaine réunion de politique monétaire, qui se tiendra au mois de juin prochain. Entre les résultats des échéances électorales, la conjoncture économique et les nouvelles prévisions d’inflation et de croissance, la BCE pourrait décider de réajuster sa politique … à la hausse comme à la baisse.

 

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