Vers une banque postale mobile ?

Dernière mise à jour le 18 juin 2020

Alors que les banques commerciales françaises se sont depuis longtemps intéressées aux banques en ligne, voici que l’annonce est faite de la décision de la banque postale d’intégrer également ce nouveau marché. On pourrait penser que la Banque Postale a encore un train de retard, mais il n’en est rien. A terme, dites-vous bien que toutes les banques y viendront, de gré ou de force.

C’est une indiscrétion que l’on doit aux échos. La banque postale semble décidée à développer sa banque en ligne, de façon à coller au plus près à l’expérience mobile et internet des moins de 35 ans. Mieux, la banque postale a pour objectif de regrouper plus d’1 million de clients à l’horizon 2025, pour une ouverture en 2018. Dans un premier temps, le nouvel opérateur se contentera de services bancaires simples, comme la gestion de compte, un peu à l’instar de ce que fait aujourd’hui N26. Plus néobanque que pure player, la nouvelle entité en ligne de la banque postale marche donc sur les pas d’Orange Bank, que l’on devrait découvrir sous peu maintenant.

Un nouvel opérateur sur le marché des banques en ligne.

À une différence près cependant. Orange Bank ouvrira avec une gamme complète de services, alors qu’il faudra sans doute attendre quelques mois, voire quelques années, avant de voir une assurance-vie ou un crédit immobilier commercialisé en ligne par l’avatar numérique de la banque postale. Nouvel eldorado, la banque en ligne cumule plusieurs avantages, tant au niveau de l’expérience utilisateur qu’au niveau des finances de l’opérateur. Un coût bine plus léger pour les clients, mais également pour les actionnaires de la banque.

En effet, de nombreux indices montrent que la démonétisation suit son cours. La Suède expérimente depuis plusieurs années la monnaie exclusivement numérique. Et, dernièrement, c’est l’Inde qui a supprimé ses billets les plus « chers » pour passer au paiement numérique. La violence avec laquelle la décision fut appliquée en Inde a d’ailleurs provoqué un vent de panique auprès des consommateurs. Et l’affaire n’est sans doute pas terminée. Mais, quel que soit ce que l’on en pense, c’est le sens de l’histoire capitaliste qui se détermine dans ces actions. Plus de monnaie papier signifie des échanges plus rapides, plus simples, mais également plus contrôlés.

En s’affichant au plus tôt sur le marché 100 % numérique, les acteurs du marché prennent donc un temps d’avance. Et nous pouvons être certains que la lutte entre ces différentes entités sera farouche dans les années à venir, tant les banques en ligne, pour diverses raisons, prendront le pas sur les réseaux classiques. Car un banquier numérique, c’est-à-dire un banquier dont la majorité des opérations sont gérées par un robot (ou un algorithme), peut arguer d’un prix de revient au service bien moindre qu’une banque de réseau multipliant les agences. Moins de personnel = un coût moindre pour attire les clients, et des marges plus imposantes à terme.

Vers un tournant tout numérique.

Attendez-vous donc à voir disparaître votre agence au coin de la rue à la première occasion venue. Comme lors de la prochaine crise financière par exemple. D’ailleurs, les acteurs du marché anticipent la chose et proposent déjà des agences sans salariés. C’est le cas aux Etats-Unis de la Bank of America, qui vient d’ouvrir le mois dernier 3 agences sans conseillers. Les clients peuvent malgré tout avoir quelqu’un en ligne, grâce à la téléconférence. S’ils ne peuvent le faire de chez eux, leur nouvelle agence le leur permettra. Pire, si aujourd’hui plus de 8 % des français disposent d’un compte dans une banque en ligne, ce nombre ne fera que croître, et, pour gérer le flux nouveau de clientèle, les acteurs du marché feront appel aux IA (intelligences artificielles).

Si cela vous fait un peu peur, vous n’êtes pas les seuls. Le syndicat national de la banque panique également à l’idée de voir un nombre conséquent de postes disparaître. En effet, l’IA Watson d’IBM développé au Crédit Mutuel, et sensé devenir un complément du conseiller humain, connaît un succès grandissant. Tant et si bien que l’homme voit inexorablement son avenir au travail s’assombrir. La Société Générale et le LCL annoncent des centaines de suppressions de poste. BNP Paribas investit à hauteur de près de 3 milliards d’euros vers le tout numérique. La révolution digitale a fait son œuvre. Place dorénavant à la rupture digitale. Et les choses iront très vite, exponentiellement de plus en vite.

A la lumière de ses informations, on comprend mieux pourquoi tous les opérateurs de la banque ou de l’internet se lancent dans la banque en ligne ou dans la banque mobile. Tout simplement parce que l’avenir est là. C’est inexorable et indiscutable. L’argent papier disparaîtra et de simples robots pourront gérer nos comptes. Empathie inexistante, simplification à l’extrême et contrôle strict des transferts d’argent à tous les étages. Bienvenus dans un monde meilleur…

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