Les banques en ligne sont dopées par la loi Macron

La loi Macron sur la mobilité bancaire vient à peine de se voir appliquée, au 6 février 2017, que les banques en ligne se félicitent déjà de son impact sur les ouvertures de compte. Axa Banque affiche une croissance de 57 % le mois dernier quand Fortuneo constate une arrivée de clients 20 fois plus massive que les départs. Et tous ces gens semblent provenir du secteur bancaire de réseau.

Alors bien sûr, entre l’entrée en vigueur de la loi et le nombre croissant de clients se dirigeants vers les banques en ligne, la corrélation est vite trouvée. Mais elle peut être trompeuse : il ne faut pas confondre corrélation et lien de causalité. Ce n’est pas parce que les deux faits décrits surviennent en même temps qu’il y a forcément un rapport de cause à effets. Pourquoi ? Pour deux raisons :

  • D’abord parce que le phénomène est trop récent et qu’il convient de lisser ce nombre de nouveaux clients sur une période plus longue afin d’en mesurer l’impact réel. Certes, la loi Macron sur la mobilité bancaire facilite les transferts d’un établissement bancaire à l’autre. Mais est-ce que justement les gens qui ont fait le choix de changer de banque ces dernières semaines n’ont pas volontairement attendu la mise en application de la loi ?
  • Ensuite parce toutes les banques (qu’elles soient en réseau physique ou en ligne) disposaient déjà d’une offre de bienvenue. C’est-à-dire qu’elles étaient déjà toutes en capacité à accueillir de nouveaux clients de manière très simplifiée.

Ce que l’on peut reconnaître à la loi Macron, c’est qu’elle encadre légalement ce transfert simplifié. Aucune banque ne pourra donc faire traîner volontairement les choses dorénavant. L’autre aspect positif, c’est que l’annonce de cette loi a permis aux acteurs bancaires de communiquer sur le changement de banque, bien plus qu’à l’accoutumée.

 

La loi a-t-elle un réel impact sur la mobilité bancaire ?

Et celles qui avaient un intérêt majeur à le faire sont forcément les banques en ligne. Avec leurs coûts d’usage frôlant la gratuité permanente et leur simplification du langage bancaire, avec leur disponibilité et leur réactivité… Il ne leur manquait plus qu’un dernier coup de pouce pour exploser les compteurs. Chose qu’elles semblent effectivement faire. Au final, il n’y a donc rien de surprenant à ce que les gens préfèrent payer moins cher leurs services bancaires. Surtout dans le contexte économique et politique actuel. Et il y a d’ailleurs fort à parier que le  « run » vers les banques en ligne continue, tant les fins de mois sont difficiles pour les Français.

Il faut dire que les banques en ligne sont aujourd’hui parvenues à un niveau de maturité asseyant plus leur crédibilité. Les modèles économiques de Boursorama Banque et de Fortuneo en sont des preuves vivantes. Ces deux banques en ligne ont su consolider leurs chiffres d’affaires respectifs année après année. Les banques en ligne élargissent donc leurs gammes de produits et services et se rapprochent doucement de l’offre complète indispensable aux besoins bancaires primaires des usagers (une gestion de compte, une carte bleue, de l’épargne des placements, des crédits).

Si les banques de dépôt soufrent de leur lourdeur et d’une logistique parfois opaque et souvent lente, c’est exactement le contraire chez les banques en ligne. Les choses sont claires, limpides même, transparentes, efficaces, simples et rapides. Elles sont le symbole d’une nouvelle ère bancaire. Et la disponibilité des conseillers est, en plus, bien meilleure que celle de leurs homologues en agences physiques. Ouverture du lundi au vendredi de 8 h 00 à 21, voire 22 h 00, et le samedi de 8 h 00 à 16 h 00. Excusez du peu ! Et essayez de trouver un interlocuteur dans une banque classique après 18 h, ou un samedi après midi… Sans compter qu’ici un mail ne reste pas sans réponse plus de 48 heures…

 

Les banques en ligne séduisent, peu importe la loi Macron.

Si l’on devait retenir 5 mots pour définir une banque en ligne, on utiliserait sans doute les mots suivants ; réactives, simples, mobiles, ludiques et économiques. Pensez-vous qu’une banque de réseau puisse être qualifiée d’un seul de ces adjectifs ? Il semble donc que les banques en ligne séduisent indépendamment de la loi Macron. On peut juste affirmer que cette loi sur la mobilité bancaire sert de catalyseur, d’accélérateur de changement, de coup de pouce, voire d’excuse marketing pour les banques en ligne. Mais même sans cette loi, elles auraient continué d’avancer.

D’ailleurs, le marché des banques en ligne tel que nous le connaissons ne restera pas figé. De nouveaux acteurs vont apparaître dans les mois qui viennent. Et ces décisions sont prises depuis longtemps. C’est bien qu’il s’agit plus d’un signe des temps que d’une simple histoire d’incitation passagère. Le premier des nouveaux acteurs se nomme Orange. Et sa banque en ligne, Orange Bank, doit ouvrir ses portes internet au début du mois d’avril.

Et puis arriveront ensuite la banque en ligne du groupe BPCE, étrangement non représenté dans ce marché et qui comble enfin le vide. Le groupe Français a fait l’acquisition de la banque en ligne collaborative Allemande Fidor, regroupant déjà plus de 400 000 clients. Et, comme Orange Bank, BPCE annonce déjà qu’il viendra la mallette pleine. Si les BforBank, Monabanq et autre ING Direct ont mis quelques années à construire leurs gammes, les deux nouvelles venues ne prendront pas le même temps pour remplir les étagères. Elles arrivent dans un marché déjà constitué. Il leur faudra donc être directement complètes et concurrentielles.

Et ce n’est pas fini. La Banque Postale annonce à son tour son envie de rejoindre le jeu, en 2018. Et SFR a acheté le nom de domaine SFRBank.com. De là à voir une seconde compagnie de télécommunication sur le marché des banques en ligne, il n’y a qu’un pas facile à faire. Preuve que le jeu en vaut la chandelle, de multiples start-up des technologies financières, les FinTech, sont elles aussi en recherche et Vidéo-Présentation-BanquesEnLigne développement sur la banque mobile. Ces dernières travaillent avant tout sur un modèle 100 % sur smartphone, et au flux de transferts d’argent ultra-rapide, où que l’on soit, pour payer à l’autre bout du monde ou chez son boulanger.

Les N26, Morning, Soon ou autres sont donc peut-être les futurs concurrents des banques en ligne que nous connaissons aujourd’hui. N26 annonce avoir dépassé les 300 000 clients en mars 2017 et promet l’arrivée de nouveaux services, notamment d’épargne et de crédit, par le biais de son conglomérat de FinTech. Une autre approche pour un service encore plus rapide et efficace. Pour ces acteurs aussi, la loi Macron ne peut servir que de facilitateur, mais en aucun cas d’élément moteur à la prise de décision.

 

L’avenir est aux mains des gourous du net, plus aux mains des banques…

Si l’on se penche un tant soi peu sur la question, on se rend compte que dans l’énumération des banques en ligne, qu’il s’agisse de pures players ou de néobanques, on note l’apparition d’acteurs nouveaux. En effet, si Hello Bank et consorts sont bien des émanations de groupes bancaires très connus, ce n’est pas le cas d’Orange Bank ni de N26. Ces deux entités proviennent du monde de la télécommunication pour la première, et du monde des FinTech pour la seconde. En d’autres termes, il ne suffit plus d’être banquier pour créer une banque en ligne.

Jusqu’ici, les banques conservaient donc leur monopole sur la gestion des finances des particuliers. Dorénavant, ce n’est plus le cas. Bien entendu, il faut à ces entreprises une licence bancaire pour pouvoir exercer. Mais elles ne sont pas issues du monde bancaire, mais du monde technologique. Elles ont donc un savoir faire technologique plus pointu, plus savant, plus efficace aussi. Il est sans doute plus facile d’apprendre à devenir banquier qu’ingénieur dans les technologies nouvelles. A terme, le monde bancaire pourrait donc se voir damer le pion par des experts de la communication et des échanges de données. Ses derniers maîtrisant parfaitement les chaînes de transfert. Il sera alors intéressant d’observer, lors de la prochaine crise bancaire, quels comportements auront nos établissements « to big too fail », et qui viendra à leurs secours. En somme, posons-nous déjà la question ; et si Orange rachetait la BNP après le prochain krach boursier ?

 

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