Notre avis sur PCS Mastercard

Dans le monde des cartes bleues, on distingue plusieurs catégories de fournisseurs. On trouve d’abord les fabricants de ces cartes, Mastercard, Visa, voire American Express. Et ensuite, il y a les distributeurs de ces cartes. Vous les connaissez pour la plupart ; il s’agit des établissements bancaires. En effet, toutes les banques vous offrent la possibilité de souscrire à une cotisation annuelle pour vos paiements. Mais les banques ne sont plus les seules à distribuer des cartes bancaires. C’est l’avènement des cartes prépayées, ou rechargeables. C’est le cas de la carte PCS Mastercard.

À quoi sert PCS Mastercard ?

PCS (Prepaid Cash Services) est une carte Mastercard déclinable en trois niveaux ;

  • La carte Mastercard Chrome, limitée à 6 500 € et facturée à 9,90 € à l’année. A privilégier pour ceux et celles qui ne s’en servent que ponctuellement, lors de voyages ou d’achats sur internet par exemple. Cela vous évite de partir en vacances avec votre carte bancaire classique. Les conséquences seront forcément moins graves en cas de vol ou de perte de votre carte.
  • La carte Mastercard Black, à utiliser tous les jours, et facturée 14,90 € à l’année. Cette carte vous donne l’accès au PCS Club.
  • La carte Mastercard Infinity, jusqu’à 15 000 € de solde et valable 3 ans. Le haut de gamme facturé à 19,90 € l’année.

Trois façons de dépenser son argent sans avoir recours à la carte affiliée à son compte bancaire. Il y a deux façons d’utiliser votre carte PCS, quelle qu’elle soit. De manière classique, sans information préalable à donner. Vous activez votre carte par sms, après l’avoir achetée chez un buraliste (30 000 points de vente en France) et vous en servir directement. Le montant crédité sur votre carte dépendra du montant du coupon que vous avez acheté.

Mais si vous souhaitez aller jusqu’aux plafonds disponibles, il vous faudra passer en client Premium. C’est-à-dire adresser les documents que demande une banque en cas d’ouverture de compte. Parce que la nouveauté Chez PCS, c’est que dorénavant, en créant votre compte, vous disposez d’un RIB. C’est-à-dire un numéro de compte officiel permettant les émissions et les réceptions de virement de banque à banque. Ce que l’on appelle les virements SEPA. Ce qui ferait presque passer PCS pour une néobanque.

 

La recharge de la carte.

Il est possible de recharger sa carte PCS de façons différente. La première, et la plus anonyme, ce sont les coupons achetables en bureaux de tabac. Mais si vous êtes client Premium, vous avez de fait accès aux recharges par paiements, par virements bancaires, par carte bleue et par partage d’argent de particulier à particulier. Et pour activer votre carte, vous devez simplement adresser un sms au numéro indiqué. Voilà pour le principe.

Mais venons en maintenant aux tarifs. Parce que, disons le tout net, si la version de base est intéressante pour conserver l’anonymat dans ses achats (on rappelle que la carte s’achète directement en bureau de tabac, elle n’est pas livrée après commande, ni personnalisée), elle reste limitée en montant (250 €). Et pas que. Aucun retrait de liquide n’est possible si vous n’êtes pas enregistré et la carte est utilisable au sein d’un réseau restreint d’enseignes.

Dès que vous aurez laissé vos coordonnées, vous pourrez retirer, jusqu’à 100 € et seulement en France. Et votre plafond de rechargement de carte montera alors à plusieurs fois 250 € (par période de 30 jours). Mais une fois que vous serez Premium, c’est-à-dire que vous aurez adressé à PCS vos justificatifs, alors les portes s’ouvriront enfin. Jusqu’à 15 000 € de plafond et des recharges pouvant aller jusqu’à 750 € par jour… Un autre monde, mais moins anonyme, forcément. L’image ci-contre représente les différentes options pour la carte Infinity. Mais la logique est exactement la même pour les 2 autres cartes commercialisées par PCS.

 

Les tarifs de PCS.

C’est un peu là où le bât blesse. Prenons pour exemple le tableau des frais lié à la carte Chrome, soit, l’entrée de gamme. Et l’on s’aperçoit que vouloir conserver l’anonymat est non seulement limité, mais de surcroît peut coûter très cher. En effet, une recharge par coupon en bureau de tabac est facturée à 7 % du montant rechargé. C’est ce que nous avons vu de plus cher jusqu’ici. Mais ce n’est pas tout, la recharge par carte bancaire coûte 4 % du montant viré. Et un virement SEPA sortant (pour les clients Premium ayant donc ouvert un compte) coûte 0,90 €. Pour un virement entrant, c’est 2 % ! À ce prix là, et considérant que nous ne sommes plus anonymes, ayant ouvert un compte avec RIB, autant rester dans une banque en ligne. Les virements SEPA y sont gratuits et les cartes bleues offertes à vie.

Et en plus, si vous avez le malheur d’activer votre recharge coupon par sms ou téléphone, il vous en coûtera encore 20 centimes. Ce n’est pas une question de montant, mais plutôt une question de principe. PCS est chère à l’utilisation, un peu à l’instar de Veritas d’ailleurs. Heureusement, il existe quelques gratuités, comme la réception de votre salaire, ou de vos prestations sociales. Mais le moindre retrait coûte 1 € en France et 3 € hors d’Europe. L’appel du service client est payant et des frais de gestion de 2 € vous sont facturés. Mieux vaut s’arrêter là.

Qu’est ce que le service Premium ?

En fait, PCS répond simplement à une demande de la législation Française qui intervient au 1er janvier 2017. Désormais, la loi demande plus de transparence sur les possesseurs de cartes prépayées, au-delà de 250 €. Ceci pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Réponse sans doute logique à la fraude fiscale et aux procédés mafieux. Mais il semble que les politiques ayant opté pour cette loi doivent d’abord retirer l’IPN dans leur compte en Suisse avant de regarder avec une loupe le cil coincé dans le portefeuille du simple quidam… Et, mis à part l’envoi des documents demandés (pièce d’identité, avis d’impôts et justificatif de domicile…), rien ne soit facturé. L’accès au service Premium est gratuit.

Parmi les autres services fournis par PCS, on note aussi l’application mobile, très pratique poursuivre son compte bancaire (et oui, puisqu’il y a un IBAN…) Toutes vos dépenses sont donc recensées directement sur l’appli, un peu à l’instar de ce que fait N26. Pour une gestion simple, mais malheureusement pas forcément beaucoup moins coûteuse à l’utilisation qu’une gestion en banque de dépôt. PCS vous propose aussi de personnaliser votre carte. Un détail plus esthétique que réellement pratique.

 

Conclusion.

Sur le principe, PCS, on aime bien. Sincèrement. Une carte prépayée adossée à un IBAN qui fait d’ailleurs de PCS une néobanque. Mais comment justifier de tels frais ? A quoi bon être pratique et simple d’utilisation si c’est pour se révéler presque aussi cher qu’une banque de dépôt. A ce titre, la carte chez Lydia coûte plus cher à l’année (près de 60 €), mais son utilisation au quotidien est beaucoup moins onéreuse. Et chez les cartes prépayées pures, Skrill est elle aussi moins chère, et tout aussi pratique. En résumé, on dira que c’est bien, que c’est beau, mais que ce n’est au final plus aussi efficace depuis que les plafonds d’anonymat ont été abaissés par la loi entrée en application au 1er janvier. Alors attendons de voir quel avenir nous réserve PCS. Peut-être que les dirigeant Français de cette société nous concocterons des possibilités de cagnottes, voire des placements d’épargne dans le futur, afin de rentrer définitivement dans le jeu des néobanques…

Une dernière chose à signaler toutefois. Comme c’est le cas à chaque fois, nous nous rendons sur les pages de quelques forums, là où les avis des utilisateurs sont délivrés. Nous n’en parlons pas à chaque fois, surtout quand nous sommes nous-mêmes les testeurs directs des services. Mais dans ce cas, il semble important de prendre en compte ces différents avis. Et nombre d’entre eux ne sont pas tendres avec PCS. Incompréhension dans les montants rechargés, tarifs trop élevés, service client difficilement joignable… Nous vous laissons vous faire votre opinion. Mais il semble qu’il y ait, chez PCS, quelques points à améliorer.