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Crédit Agricole, toute une banque pour vous

Le Crédit Agricole est une banque Française à l’histoire très longue. Faisant aujourd’hui partie des plus grosses entités bancaires du monde, la banque mutualiste a réussi le tour de force de conserver à la fois son statut mutualiste et d’être cotée au CAC 40. Mais notre but sur cette page n’est pas d’analyser les comptes ni le bilan de la banque verte, surnommée ainsi à cause de son activité d’origine, liée à l’agriculture. Non. Notre but est de voir comment cette banque mutualiste a évolué au fil du temps et comment elle gère le boum numérique au travers de ses produits et services.

Malheureusement, il nous sera très difficile de décomposer la liste des produits et services du CA. Et pour une raison très simple ; il existe 39 caisses régionales, toutes indépendantes les unes des autres. Il faut dire que pour toutes les banques mutualistes, le décryptage est compliqué de ce simple fait. Ici, le Crédit Agricole de Bretagne et le Crédit Agricole d’Ile de France sont considérées comme deux banques bien distinctes, même si, faisant partie du même groupe, une idée générale et un logo sur le fronton de l’agence en font une seule et même entité bancaire.

L’histoire du Crédit Agricole

Mais pour commencer, voyons comment est né le Crédit Agricole. Au départ, c’est une loi de 1884 qui permet la libre association professionnelle qui déclenche le tout. En effet, les agriculteurs peinent à trouver des financements à longs termes suffisamment souples et permettant le développement de leur activité. Cette loi facilite donc l’association des agriculteurs entre eux sous forme de syndicats. Et ces derniers créent leurs banques locales sur le principe mutualiste. Et la première de ces banques naît donc dans le Jura en 1885.

Et le modèle inspire alors Jules Méline, ministre de l’agriculture. En 1894, il instaure une loi permettant la création de caisses locales de crédit agricole. Pour le moment, ce sont les notables ou la bourgeoisie qui ont accès à ces nouvelles banques, mais petit à petit les agriculteurs y viennent. Dans un premier temps, les caisses locales ne font que des prêts à très courts termes, comme des avances sur récoltes, permettant ainsi aux agriculteurs de mieux vivre jusqu’à la vente des récoltes. Puis, dans un second temps, les prêts à long terme se font plus fréquents. De cette manière, la mécanisation s’accélère et les troupeaux augmentent.

Mais les caisses locales, mutualistes, souffrent cruellement d’un manque de capitaux. D’autre part, certaines régions sont moins bien loties que d’autres. Il devient donc urgent de légiférer sur ce point et d’installer une pyramide, en haut de laquelle une caisse nationale de crédit agricole pourrait servir de système de compensation entre les différentes caisses locales. La chose est actée en 1926. Mais le crédit agricole reste toujours sous la tutelle de l’état. Tutelle qui est d’ailleurs alourdie pendant le régime de Vichy.

En 1948 naît la fédération nationale du crédit agricole. Elle a pour rôle de représenter les caisses régionales auprès de la caisse nationale et des institutions étatiques. Dès la fin des années 60, la caisse nationale crée des filiales, pour répondre à des besoins spécifiques, et s’installe à Chicago dès 1979. La banque verte est d’ailleurs classée première banque mondiale la même année par le magazine The Banker. Jusqu’au début des années 1990, la diversification des activités du groupe bat son plein. Les assurances Prédica et Pacifica sont créées et l’on parle même à l’époque d’un rapprochement possible entre le crédit agricole et un assureur, véritable institution agricole, Groupama. Mais la chose ne se fait pas.

Mais c’est au début de l’année 1988 que le grand changement intervient. En effet, à compter de ce moment, la caisse nationale du crédit agricole, l’organe central de la banque, devient propriété des caisses régionales à 90 % et du personnel à 10 %. Le groupe devient donc enfin totalement indépendant de l’état et ne doit plus rien à ce dernier. Le nombre de caisses régionales est largement divisé et la réorganisation se poursuit. En 1996, le Crédit Agricole rachète Indosuez, puis entre au capital du Crédit Lyonnais en 1999. Et en 2001, la caisse nationale de crédit agricole devient le Crédit Agricole SA et peut donc enfin entrer en bourse et poursuivre son développement à l’international.

A partir de là, tout s’accélère. Sofinco, puis Finaref entrent dans le giron de la banque verte. Et le Crédit Lyonnais finit par céder après une longue bataille boursière suite à la vente des parts de l’état, notamment avec la BNP Paribas. En 2002, l’acquisition est actée, et le Crédit Lyonnais devient LCL en 2005. Aujourd’hui, le Crédit Agricole est la première banque Française par la part de marché (28 % en France et jusqu’à plus de 40 % dans certaines régions comme la Bretagne). Mais c’est aussi la deuxième banque mondiale par le chiffre d’affaire et la 10ème par ses bénéfices. Et, même si la banque verte a terriblement souffert de la crise des subprimes et de ses conséquences, elle a su redresser son bilan en cédant une grande part d’actifs non stratégiques.

EKO, la banque en ligne du Crédit Agricole – Ouvrir un compte

Les comptes et cartes bancaires

L’organisation du Crédit Agricole a toujours été très complexe, entre les caisses locales, régionales, nationales et la fédération des caisses régionales. En bref, une chatte n’y aurait pas retrouvé ses petits. Mais la simplification promise semble faire effet directement sur la banque, puisque désormais, une politique nationale semble régir les grandes lignes de la banque verte. Ainsi, on peut désormais trouver les informations importantes sur un seul et unique site, indépendamment des différents sites des caisses locales et régionales.

Toutefois, même si cette initiative est plutôt bonne, elle ne nous permet pas de nous atteler à notre passe temps favori, à savoir décortiquer les tarifs bancaires. En effet, chaque caisse est libre de pratiquer ses propres tarifs. Nous ne pourrons donc vous donner ici que les grandes lignes directrices. Pour plus de détails sur les tarifs, vous devrez passer par votre caisse régionale, et afficher les prix pratiqués par le Crédit Agricole dans votre région. Sachez que le fonctionnement est le même pour toutes la banque mutualistes, du Crédit Mutuel à la Caisse d’épargne en passant par la Banque Populaire

Dans ses services de compte bancaire, le Crédit Agricole nous suggère donc de composer nous-mêmes notre compte courant, en ajoutant ou en retirant les seuls services dont nous avons besoin. Ainsi, la facturation sera effectuée au plus juste et nous ne trainerons pas quantité de services inutiles et pourtant payants. Intéressant. Toutefois, comme c’est le cas pour de nombreux abonnements, quel que soit le produit, il existe une gamme essentielle et une gamme premium. Et bien entendu, certains services ne sont accessibles qu’au niveau Premium.

Côté cartes bancaires, vous aurez le choix entre la gamme Mastercard et la gamme Visa, avec même la possibilité d‘opter pour une carte bleue double action, valable à comptant comme à crédit. Attention à ce genre de produits toutefois. Les cartes de crédit permettant le paiement « à crédit » sont toujours adossées à des réserves d’argent. Carrefour banque en propose, ou, plus récemment, la carte Zéro. Bien entendu, le Crédit Agricole permet également de consulter ses comptes en ligne, et va même un peu plus loin, en proposant une application mobile dédiée. Mais, comme un symbole du retard numérique des grandes banques vis-à-vis de leur clientèle particuliers, certains services ne sont accessibles que sur certains terminaux. Autrement dit, vous pourrez peut-être effectuer un virement depuis votre PC, mais pas depuis votre mobile… Ou inversement.

EKO : La banque en ligne du Crédit Agricole

Après BforBank, Crédit Agricole vient d’introduire un nouvel acteur sur le marché très concurrencé de la banque en ligne, immédiatement après le lancement d’Orange Bank. Ce n’est autre que EKO by CA.

Cette nouvelle banque a su se démarquer notamment par son offre hybride, offrant le choix à ses clients entre des services entièrement accessibles en ligne ou de manière plus classique, en agence, s’appuyant pour ce faire sur le réseau bien établi et très large de sa banque mère. Si cette double casquette a de quoi séduire un maximum de clients, elle a toutefois un coût, que la banque traduit dans son positionnement prix légèrement au-dessus de la concurrence. Ainsi, si les banques en ligne clament généralement la gratuité pour l’ensemble des services bancaires basiques, Eko, quant à elle, facture 2 euros par mois. Ce qui est tout à fait raisonnable au regard des services additionnels offerts nécessitant la présence en agence et de la proximité privilégiée auxquels on a accès.

eko credit agricole logo

Sa carte bancaire Mastercard internationale à contrôle de solde constitue aussi l’une de ses plus grandes forces, et représente la pierre angulaire de sa communication axée notamment sur la facilité de maîtrise du budget. A noter par ailleurs que cette nouvelle filiale de la « banque verte » a le mérite d’être parmi les plus accessibles sur le marché, avec aucune exigence sur les revenus. Pour ouvrir un compte, la seule condition est en effet d’être majeur. La banque présente toutefois quelques inconvénients qui peuvent être bloquants pour une certaine catégorie de clients, nous prenons l’exemple de l’absence de découvert autorisé et de l’impossibilité de souscrire à un compte joint pour ne citer que ceux-là.

Si le Crédit Agricole insiste sur l’universalité de sa nouvelle offre EKO, les jeunes constitueront incontestablement sa cible idoine au vu des avantages et limitations mis en lumière.

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Les crédits

De ce côté-là, le Crédit Agricole ne manque de rien. Vous trouverez facilement toute la gamme, et partout en France. Des prêts aidés ou conventionnés aux prêts libres, tout y est. Et force est de constater que la déclinaison des types de prêts est claire. Le Crédit Agricole semble avoir réellement simplifié la lecture de ses produits et services. Ainsi, lorsque vous vous avancez vers une prêt immobilier, plusieurs choix vous sont encore offerts afin que vous puissiez mieux vous dirigez dans l’offre pléthorique d’une banque très complète ; premier achat, investissement, achat revente ?

Et la démarche est la même concernant les prêts relatifs aux travaux ou les prêts à la consommation plus classiques. Mais pour plus de détails, vous devrez en passer par votre caisse locale ou régionale.

L’épargne et les placements

Ici encore, on trouve toute la panoplie, des épargnes classiques et réglementées aux produits plus efficaces et plus ou moins risqués. Le Crédit Agricole développe une logique particulière lorsqu’il évoque l’épargne. Si bon nombre d’entre nous épargnons souvent en cas de coup dur, ou sans trop savoir tout de suite ce que nous ferons de notre épargne, plus tard, le CA nous demande de nous positionner, et nous dit très clairement ; « épargner, mais pour quoi faire ? »

Et la raison de cette question est très simple. En fonction de votre objectif d’épargne, le CA saura vous diriger vers l’un ou l’autre des produits à sa disposition. Et bon nombre de ces produits sont des placements, ou épargnes bloquées. Vous désirez épargner pour acheter un bien immobilier ? Alors souscrivez un PEL… Vous voulez optimiser votre fiscalité ? Investissez dans l’immobilier… Vous pensez d’ores et déjà à votre retraite ? Alors souscrivez une assurance-vie ou un PERP… Heureusement, il reste encore quelques produits accessibles aux indécis.

En règle générale, et par les temps qui courent, préférez toujours une épargne disponible à un placement plus lourd. Vous serez au moins certains de pouvoir récupérer votre argent quand bon vous semblera. De surcroît, et compte tenu des taux de rétribution actuels et des frais bancaires prélevés par les grandes banques, beaucoup de contrats de placements n’ont plus de réel intérêt. Par exemple, si vous souhaitez souscrire une assurance-vie, avec les frais de gestion et d’arbitrage, voire les frais de dépôt de la banque, votre rentabilité sera en grande partie mangée. Donc, soit vous passez aux banques en ligne, soit vous évitez ce genre de produits.

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Les assurances

Le Crédit Agricole a pris très tôt le virage de la bancassurance, notamment avec ses filiales Prédica et Pacifica, aujourd’hui regroupées. Il est donc tout à fait normal de retrouver des contrats d’assurances qui soient réellement compétitifs au sein de la banque verte. Ainsi, vous trouverez un contrat d’assurance auto, un contrat d’assurance santé, un contrat d’assurance habitation, et divers contrats de prévoyance, comme une assurance décès, dépendance ou encore liée aux loisirs et à la vie quotidienne. Sans oublier, bien sûr, le contrat d’assurance emprunteur.

Pour chacun de ces contrats le Crédit Agricole décline à la perfection le mot « adapté ». À chaque fois, on vous garantit que vous pouvez « adapter » vos garanties à vos besoins, et que le tarif sera lui aussi adapté à votre budget. En somme, plus vous êtes riches, et mieux vous êtes assurés. J’ai toujours trouvé cela assez amusant. Les gens dont le budget n’est pas très élevé ont toujours eu plus à perdre que ceux dont les moyens sont plus amples. Pourtant, les mieux indemnisés sont toujours ceux qui possèdent le plus. Pour une personne dont le revenu n’est pas très élevé, perdre un véhicule peut se révéler catastrophique. Pourtant, c’est cette même limite de budget qui lui interdira tout contrat aux échéances trop élevées lui garantissant au mieux son outil de transport.

Plus tu peux payer, et moins on te demande de le faire. Mais moins tu peux payer, et plus tu payes… Et il paraît que c’est juste et équitable comme ça. Enfin, selon le dogme capitaliste bancaire… Bref, méfiez vous toujours des contrats adaptables. Parce que ces derniers signifient souvent : » ne vous inquiétez pas les pauvres, vous pourrez quand même nous verser votre obole, mais ça ne garantira pas grand-chose. » À vous de voir donc, en fonction de ce que vous propose votre caisse locale, et surtout en fonction des comparatifs que vous aurez su réaliser au préalable.

De manière générale, évitez toujours de mettre tous vos œufs dans le même panier. Pour une raison simple. Si toute votre épargne et vos contrats d’assurances sont chez votre banquier, vous n’aurez plus aucune marge de négociation avec lui, si ce n’est le fait de souscrire un nouveau produit qui vous sera totalement inutile. Ne cédez pas à la facilité et à la concentration des abonnements au même endroit. Plus vous signerez au sein d’établissements différents, et plus vous aurez de force à la négociation.

Conclusion

En résumé, le Crédit Agricole est une banque historique au fonctionnement complexe recherchant la simplification. Engagée sur tous les tableaux, à l’instar de ses consœurs BNP Paribas, Société Générale et BPCE, autres banques systémiques, elle s’affiche comme un monstre de la finance. De BforBank à Cofinoga, des particuliers aux industriels en passant par les agriculteurs, du Crédit coopératif à Tookam, du compte courant aux assurances, tout est disponible au Crédit Agricole, et même l’acquisition immobilière via Square Habitat. A la finalité, des banques de cette taille sont elles encore des banques ?

Et est-ce que l’intention première, à savoir la mutualisation des richesses pour permettre la progression de tous, est elle encore visible dans la stratégie du Crédit Agricole ? Ou bien cette riche histoire ancienne ne sert elle plus qu’à prétexte au marketing d’une des plus grandes banques du monde ? De notre côté, on a notre petite idée. A vous de vous construire votre opinion au travers de vos diverses expériences…

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