Avis Crédit Mutuel

La démocratisation technologique aidant, tous les commerces ont aujourd’hui pignon sur une rue du web. La banque étant un commerce comme un autre, rien de moins surprenant que de voir certains mastodontes comme le Crédit Mutuel s’emparer de l’outil pour promouvoir ses produits et services. Mais, comme nous allons le voir tout de suite, le Crédit Mutuel est régi par une organisation très spéciale. Ce qui ne simplifie pas les choses…

Pour commencer, qui est le Crédit Mutuel ?

On pourrait poser la question autrement, d’ailleurs. En nous demandant n on pas qui « il » est, mais plutôt, qui « sont-ils » ? Car le Crédit Mutuel n’est pas un établissement comme les autres, normé selon un seul dogme, et pratiquant son métier de la même façon sur tout le territoire. En effet, il existe plusieurs « Crédit Mutuel », joints autour d’une confédération nationale regroupant les différentes caisses régionales. Et, au sein de cette confédération, la guerre fait rage entre deux groupes principaux ; le Crédit Mutuel 11 CIC, et le groupe Arkéa.

images-iDans les faits, et même si ces deux entités portent le même nom, elles sont concurrentes. Pour preuve, l’achat en 1998 par le Crédit Mutuel 11 du groupe CIC, présent sur toute la France, et notamment sur les secteurs géographiques où sont implantés par ailleurs les autres caisses dépendantes du groupe Arkéa (Bretagne, Massif central et Sud-ouest). De surcroît, et même si ces deux groupes se partagent les plus grandes part du gâteau, n’oublions pas non plus le Crédit Mutuel Nord Europe, basé à Lille, le Crédit Mutuel Antilles Guyane, sis à Fort-de-France, ou encore le Crédit Mutuel Océan, dont le siège est à La Roche-sur-Yon, en Vendée.

Il est donc très difficile de dégager une homogénéité totale dans cette guerre du contrôle pour la confédération globale. Certains groupes se concurrencent allègrement, à commencer le CM11 et Arkéa. Et cela se voit à tous les niveaux, notamment avec leurs filiales respectives en ligne ; Monabanq et Fortuneo… Mais reprenons depuis le début.

A la base, le Crédit Mutuel est né en Alsace, ou plutôt, en Rhénanie. Frédéric Guillaume Raiffeisen invente en 1849, la société de secours aux agriculteurs impécunieux de Flammersfeld. Les sociétaires, dont la responsabilité est illimitée, sont les seuls à pouvoir bénéficier des prêts. De plus, cette structure est limitée géographiquement, afin de mieux contrôler les flux. Enfin, les administrateurs sont bénévoles et l’adhésion est libre. Ce système permet donc aux moins fortunés de pouvoir malgré tout emprunter et investir. C’est le principe du mutualisme. Il n’y a pas d’actionnaires, mais de simples sociétaires, tous à égalité au sein des conseils d’administration de chaque caisse locale. Et ce principe est encore valable aujourd’hui.

Puis, l’idée fait florès et, en 1888, Louis Durand (entre autres) importe l’idée sur Lyon et rassemble toutes ces caisses au sein de l’UCROF (Union des caisses rurales et ouvrières de France). L’appellation Crédit Mutuel, ainsi que l’autorisation légale d’exercer en tant qu’établissement bancaire datent, quant à elles, de 1958. C’est en effet à ce moment que l’état Français décide de confier à la confédération nationale du crédit mutuel, l’administration et la gestion des caisses locales de crédit mutuel. La grande banque que l’on connaît aujourd’hui est définitivement née.

Sauf que, toutes ces caisses locales étant indépendantes, certaines prennent plus d’ampleur et images-iiiplus d’essor que d’autres. Petit à petit, on assiste à un phénomène de concentration naturelle. A tel point qu’aujourd’hui, deux groupes principaux se font face, et la guerre d’influence fait rage. Aujourd’hui, le Crédit Mutuel est la quatrième banque Française (derrière la Société Générale, la BNP Paribas et le Crédit Agricole) et compte plus de 30 millions de clients pour près de 80 000 salariés. Dans le giron de l’un ou l’autre des groupes, on trouve donc le CIC, Monabanq, Cofidis, Suravenir, Fortuneo, Symphonis, Novélia, Financo, etc.

Les produits et services du Crédit Mutuel.

Pour chaque produit, il nous faudrait donc consulter chacune des 18 fédérations du Crédit Mutuel, afin d’envisager pouvoir faire le tour des différents produits. Ceci nous paraissant impossible, nous vous laissons donc rejoindre les différentes caisses des fédérations régionales du Crédit Mutuel. Bien sûr, nous aurions aimé disséquer les produits et services du Crédit Mutuel, mais avant que nous ne fassions une page par fédération, soit 18 pages différentes au total sur la même enseigne bancaire, vous savez déjà comment se structure la quatrième banque Française.

Le Crédit Mutuel n’est pas seulement ne banque. Donc, non seulement vous pourrez trouver tous les produits bancaires connus, allant de la gestion de compte courant à la gestion de patrimoine, mais en plus, vous découvrirez d’autres services et produits ; assurances, téléphonie, alarmes… Bien entendu, pour chaque fédération, et à plus forte raison encore, pour chaque groupe propriétaire desdites fédérations (on pense au CM11 et à Arkéa plus particulièrement), vous constaterez des écarts plus ou moins impressionnants. Tant au niveau des prix qu’au niveau des produits eux-mêmes. Pour exemple, le Crédit Mutuel de Bretagne propose des assurances Suravenir, ce que ne font pas forcément d’autres fédérations.

Conclusion.

Les ramifications constituant le Crédit Mutuel font qu’il nous est impossible de détailler tous les produits et services sur cette page. Sachez néanmoins que le Crédit Mutuel ne fait pas imagespartie de la liste des établissements financiers appelés « Too big to fail ». Pas d’actionnaires non plus, mais des sociétaires responsables des politiques de leur caisse locale. Au final, le système mutualiste s’accommode très bien du capitalisme néolibéral ambiant. Comme quoi, le capitalisme est toujours prêt à absorber et à s’adapter aux bonnes idées…