Yelloan, la garantie de prêt … participative.

Quand les taux sont bas, en règle générale, on se dit qu’il est moins coûteux et donc plus simple d’emprunter. Mieux, pour un même remboursement mensuel, les intérêts étant moindres, on augmente mathématiquement l’enveloppe. Si vous remboursez 300 € par mois sur 20 mois, avec 100 € d’intérêts tous les mois, vous ne pourrez emprunter que 4 000 €. Si le montant de ces intérêts descend à 50 € tous les mois, votre enveloppe passe à 5 000 €. CQFD. Avec Yelloan, vous pouvez chercher les meilleurs prêts aux meilleurs taux.

 

Le paradoxe des taux bas.

Le seul souci, c’est qu’en période de taux très bas, et à l’échelle du consommateur, deux phénomènes apparaissent. Le premier, c’est une hausse des prix. En effet, ayant plus de capacité d’emprunt, comme démontré plus haut, les vendeurs se disent donc que les acheteurs peuvent acheter plus cher. Et c’est ce qu’il se passe généralement dans l’immobilier. Non seulement quand les taux baissent, mais également quand les prêts aidés gonflent.

La deuxième, c’est que les intérêts étant moindres, les banques prêtent moins. Et oui. Elles gagnent forcément moins d’argent sur chaque prêt, et le risque encouru à immobiliser cet encours est donc plus grand. Surtout au regard des sommes qui peuvent être glanées sur les marchés financiers. Les règles de Bâle 2, limitant l’encours de prêt des banques, ont donc pour effet pervers d’inciter encore plus les établissements bancaires à rentabiliser leur encours plafonné sur les marchés qu’auprès des petites entreprises et des particuliers.

Donc, paradoxalement, emprunter devient plus difficile. Les critères d’admission à l’emprunt deviennent plus contraignants pour les emprunteurs, et, le marché du travail étant ce qu’il est, et le dé-tricotage du cadre légal du travail se faisant, les CDI se font de plus en plus rares. Or, en période de « risque », le CDI devient indispensable. N’oublions pas que du point de vue d’une banque, le crédit que vous faites est un placement financier, sensé rapporter de la monnaie. Et, de la même façon que nous évaluons nos propres placements financiers (rendement, sécurité…), les banques évaluent les leurs.

Les différents types de garanties.

Pourtant, il existe un procédé qui permet de rassurer les banques. Il s’appelle la garantie du prêt. Pas forcément très courant sur les prêts à la consommation, il est devenu quasi obligatoire dans les faits pour les prêts immobiliers. A ce jour, il existe deux types de garantie ; la sûreté réelle, qui n’est autre qu’une prise de garantie hypothécaire (on l’appelle parfois garantie hypothécaire, ou encore privilège prêteur de deniers, PPD), et la garantie par caution.

Et dans cette caution, il existe encore deux possibilités ; la caution d’un organisme tiers, comme le Crédit Logement, la Saccef ou la Camca, avec des fonctionnements spécifiques qui peuvent varier, et la caution solidaire d’un tiers. Cette dernière était la plus courue jusqu’à ce que Crédit Logement fasse une percée impressionnante autour des années 2005, 2006. Depuis lors, c’est cette version qui est privilégiée pour les prêts immobiliers. Elle dispose de divers avantages, et notamment celui de remplacer l’hypothèque conventionnelle et donc d’éviter d’avoir à régler la main levée d’hypothèque en fin de prêt.

Toutefois, ces systèmes ne peuvent s’appliquer (ou exceptionnellement) aux prêts à la consommation. Or, la précarité augmentant presque proportionnellement à la rudesse des critères bancaires, il devient très difficile pour beaucoup de gens de faire face à un changement de voiture, voire à l’achat  d’équipements électroménagers. Il fallait donc inventer un nouveau type de garantie, qui serait destinée essentiellement aux prêts à la consommation en direction des personnes ayant justement du mal à trouver bonne grâce auprès des sacro-saints établissements bancaires. Ceux-là même qui inventent l’argent qu’ils prêtent pour créer leur richesse…

 

L’innovation Yelloan.

Et c’est là qu’intervient la jeune start-up française Yelloan. Cette dernière, sortie tout droit du sérail du financement participatif, a donc mis en place un système de garantie de prêts par financement participatif. Dans le principe, l’emprunteur doit trouver dans son réseau 5 personnes qui pourront garantir son emprunt, le tout, à hauteur de 5 % du montant. Le principe est le suivant. Si 5 personnes (et pas forcément la famille) font confiance à l’emprunteur sur sa capacité à rembourser le crédit, alors la banque peut prêter.

Et pour cette trouvaille, la start-up a reçu le 2 février dernier le prix de la FinTech de l’année. Mieux, le Crédit Mutuel s’est mis sur les rangs et propose déjà d’aider ses clients à emprunter grâce à ce système. Ainsi, Monabanq et Financo appliquent cette nouveauté à leurs prêts à la consommation. Sofinco, filiale du Crédit Agricole, sera la prochaine à s’y mettre. Et d’autres devraient suivre très prochainement.

Pour l’instant, l’activité débute timidement. C’est normal. Moins de 1 000 prêts ont été accordés de cette façon en 2016 et l’objectif pour 2017 est d’atteindre les 3 000. Mais gageons que l’idée fera florès et que ce chiffre explosera rapidement. Du moins, c’est ce que pensent les investisseurs, puisqu’un crédit de 1,75 Millions d’Euros a été débloqué pour accélérer la recherche et le développement de l’activité. Le but ? S’activer côté marketing, inclure de nouveaux algorithmes de scoring et améliorer la pédagogie via Chabot.

 

Quelles pourraient être les conséquences ?

Mais au final, cette solution pose question. En effet, si elle ouvre l’accès au prêt à nombre de candidats, elle le fait toujours au profit des banques. Dans les faits, on passe de la caution tiers de papa à la caution tiers du réseau social. Rappelons quand même le principe d’une caution. Vous déposez de l’argent, et vous le récupérez quand le prêt est terminé. En somme, vous immobilisez de l’argent réel au profit d’un opérateur bancaire. Car c’est bien la banque prêteuse qui conservera ladite caution, Yelloan ne percevant qu’une commission bancaire à l’établissement du crédit. Et faites-lui confiance pour savoir bien s’en servir avant de vous la rendre. Même si le phénomène est pour l’instant minime, l’espoir est que la sauce prenne. Ainsi, le montant des cautions déposées en banque augmentera les fonds propres de la banque, ce qui permettra à cette dernière d’augmenter proportionnellement son encours potentiel de crédits.

Reste à savoir dans quelles proportions ces nouvelles enveloppes de crédit seront destinées aux particuliers ou aux marchés. Et à l’arrivée, la question se pose ; est-ce réellement une vraie bonne idée ? Dans l’immédiat, on ne peut répondre que par la positive. Mais à long terme, il paraît difficile de se prononcer. Et après tout, quitte à passer par le financement participatif, pourquoi ne pas aller voir Younited Crédit directement ? Là, l’intégralité des prêts est directement financée par le dépôt d’épargnants, permettant ainsi de faire vivre l’économie réelle, et non pas d’augmenter la capacité bancaire à créer de l’argent ex-nihilo.

Bien sûr, tous les systèmes ont leurs limites, et aucun n’est parfait. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que l’on attendra avant de juger des performances et des résultats auprès des publics en difficulté bancaire. Mais retenez toujours que si le meilleur est envisageable, une médaille a toujours deux faces… Pour finir, on précisera que Yelloan ambitionne déjà de s’implanter en Espagne, en Italie et en Amérique du Sud. N’existe-t-il pas d’autres solutions pour faire vivre le commerce que de continuer à endetter des gens qui le sont déjà ?

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